Île-du-Prince Edouard


La Mer de Charles Trenet
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Juillet 1994 nous a amenés, mon mari, mon fils et moi-même, à Abegweit, nom Micmac qui signifie "terre bercée par les flots!".  D'une longueur de 224 km et d'une largeur variant de 6 à 64 km, l'Île-du-Prince-Édouard est la plus petite des provinces canadiennes.  Les denses forêts qu'a pu voir Jacques Cartier en 1934 sur son Île Saint-Jean fait place à des lots boisés disséminés parmi les terres agricoles qui englobe 30% de la superficie totale de l'Île qui est de 5656 km carrés.  On y cultive la pomme de terre, le navet, l'avoine et le foin;  on y retrouve également des fraises, des bleuets, des canneberges, des framboises, des pois, des haricots, des brocolis, des choux de Bruxelles et des choux-fleurs.  On y fait aussi l'élevage intensif du bétail: boeuf, porc, mouton, volaille et cheval.

Quant à l'histoire de P.E.I., c'est sensiblement la même que les autres colonies...  Habitée d'abord par les Micmacs, elle fut colonisée par les Acadiens de 1719 à 1758 (les origines) mais après la prise par les Britanniques de la forteresse de Louisbourg (sur l'île du Cap-Breton), la France cède l'Île Saint-Jean à l'Angleterre en 1763 et ces derniers forcent les acadiens à quitter l'Île en 1758 (la déportation) et c'est alors qu'elle fut de nouveau rebaptisée en 1799 - Prince Edward Island - en l'honneur du prince Edward, duc de Kent.  Mais le XIXe siècle verra arrivés des Highlanders (montagnards écossais - je me croirais revenue dans les livres de Diana Gabaldon - lolll), des loyalistes américains, des Irlandais et d'anciens et nouveaux acadiens (le rétablissement).  Tous ces nouveaux arrivants ont renversé le régime féodal et ils reprirent le pouvoir des terres agricoles au cours des années 1870 et l'Île-du-Prince-Édouard recouvra son indépendance (le réveil).

Mais l'histoire de l'Île est aussi en grande partie attribuable à la mise sur pied, dans les années 1800, de l'industrie de la construction navale.  De nombreux villages se sont créés près des chantiers.  Mais après 70 glorieuses années, la construction navale de l'Île déclina progressivement, en raison du manque de matières et de l'arrivée des bateaux "métalliques".  La production navale périclite et fait progressivement place au commerce de la fourrure de renard, qui sera très prospère jusque vers les années 1930.

Maintenant on peut dire que l'Île-du-Prince-Édouard ne survit que grâce aux touristes qui sillonnent les quelques 800 km de plages sablonneuses entrecoupées de caps d'argile rouge ainsi que les nombreux villages de pêche battus par les intempéries.

Des isthmes, qui ne dépassent pas 4.8 km de largeur, près de Charlottetown et Summerside, divisent l'Île en trois parties correspondant aux comtés de Kings, de Queens et de Prince.  Mais pour le touriste, les ATR (Association Touristique Régionale) ont "divisé" l'Île en 6 régions: au Pays d'Anne, du Côté de Charlottetown, Baies et Dunes, Collines et Ports, Nord Nord-Ouest et de la Côte à la Mer.  On a donc élaboré 3 circuits panoramiques: Héron Bleu, Kings Byway et Sabot-de-la-Vierge.

 

Baies et Dunes, circuit Kings Byway

En se rendant au camping Red Point Provincial Park, la route nous fait passer par Rollo Bay et nous entraîne vers une région depuis longtemps mystérieuse.  Vers la fin du XIXe siècle, plusieurs célèbres acteurs et dramaturges américains ont établi leur résidence secondaire dans ce coin de pays - notamment sur le cap Abells et sur Bay Fortune - formant une colonie d'acteurs qui a existé pendant de nombreuses décennies.  L'un d'entre eux, Elmer Harris, a écrit sa fameuse pièce Johnny Belinda (1949) qui a tenu l'affiche à New York durant 320 représentations consécutives.  Cette pièce fut écrite d'après des évènements qui se sont réellement déroulés tout près, à Dingwells.  Comme quoi il n'y a pas seulement Lucy Maud Montgomery et son Anne... aux pignons verts... (n'oubliez pas d'aller lire sa belle histoire - dernière étape)

On passe par Souris, 4e communauté urbaine en importance de la province, réputée pour ses plages pittoresques au sable blanc, ses ammophiles (sorte de guêpes qui creusent des terriers dans les talus sablonneux) et ses abruptes falaises rouges.  Souris doit son nom aux navires qui, au début de la colonisation, approvisionnaient l'Île ont amené avec eux toute une population de souris qui ont proliféré à un tel rythme que les colons français ont baptisé leur port du nom de ce rongeur.

 

 
Arrivés au camping Red Point, on a passé une journée entière à jouer les "batteurs de grève" pour y faire la cueillette de nos diverses espèces de coquillages.   Le lendemain, dès 8h30 du matin, on était sur la page de Bassin Head, d'une longueur de 10km et qui est l'une des plus belles de l'Île.  Il est surprenant d'entendre le "sable chanter".  En effet, la composition de ce sable, riche en silique, cause des grincements mélodieux lorsque l'on marche dessus.
     
 

De Red Point, en passant par Bassin Head, on peut se rendre au bout de l'isthme, où les marées se rencontrent, pour y visiter le East Point Light construit en 1867 et de forme octogonale.

Sur la côte septentrionale de la région Baies et Dunes (région des écossais par rapport à la région Évangéline des Acadiens), en longeant la route vers le nord-ouest, on passe par le village de pêche North Lake Harbour. 

  On y constate un changement radical de la végétation et de la configuration du terrain.  Des âcres de paysages boisés et des falaises de grès rouge qui s'éloignent du rivage nous font méditer sur une nature beaucoup plus tourmentée que les scènes pastorales de la côte méridionale.
     
 
Naufrage, tranquille petit village de pêcheurs, porte bien son nom, car de nombreux marins y ont perdu la vie lors des tempêtes qui étaient le fléau des voyageurs d'autrefois.   À Monticello, lors d'une randonnée pour photographier un coucher de soleil, j'ai eu une curieuse surprise.  Par pur hasard, on s'est retrouvé sur le chemin privé menant à la résidence du Dr. Gustave Gingras, mon ancien patron dans les années 1969-70.  Faut l'faire... non ? Mais le coup d'oeil valait la peine...

 

Collines et ports, circuit Kings Byway

Village historique Orwell Corner est une reconstitution d'une communauté rurale qui ressemble beaucoup à ce qu'elle était il y a cent ans:  église et cimetière, école et salle communautaire, atelier de forgeron, un magasin général, une fabrique de bardeaux, des granges et une maison datant de 1864 transformé en bureau de poste.

Visite de Montague et de Georgetown qui ne nous a pas apporté beaucoup de satisfaction.

 

Du côté de Charlottetown, circuit Héron Bleu

En se rendant à Charlottetown, la capitale, on rencontre de beaux paysages, de douces collines, des falaises de grès rouge et des rivières sinueuses.  Dans la ville même, en partant du quai situé au bout de la rue Great George et en remontant cette dernière on se surprendra à emprunter la route que les Pères de la Confédération ont prise en quittant leur bateau ancré au port jusqu'à Province House.

L'édifice de 3 étages a été conçu par un architecte local, Isaac Smith, et construit par les artisans de l'Île entre 1843 et 1847.  Les matériaux et la main d'oeuvre qui ont servi à sa construction venaient de l'Île, exception faite du grès qui recouvre l'extérieur de l'édifice qui vient de la Nouvelle-Écosse.

C'est dans cet édifice qu'a eu lieu en 1864 la conférence à Charlottetown en vue de discuter l'union éventuelle des colonies maritimes.  Des délégués du reste du Canada, venus à titre d'observateurs, prennent pourtant part aux débats qu'ils orientent vers l'idée de l'établissement d'une confédération à l'échelle du Canada tout entier.  Cette initiative aboutit à la création en 1867 du Dominion du Canada auquel, ironie du sort, l'Île-du-Prince Édouard refusera tout d'abord d'y adhérer.  Le patriotisme local et l'esprit d'indépendance des insulaires sont tels qu'ils réussissent à maintenir leur territoire à l'écart du Dominion jusqu'en 1873, année où ils se joignent à la Confédération, convaincus que ce sont les autres provinces qui viennent se joindre à l'Île-du-Prince- Édouard !!!  Pas chauvins à peu près les insulaires !!!

On connaît la suite...  Aujourd'hui, ce lieu historique national abrite l'Assemblée législative de P.E.I.  On l'a fidèlement restauré pour commémorer l'histoire du Canada.  Les Charlottoniens l'appellent Joyau du patrimoine qui a vu la naissance du Canada.  Pas étonnant qu'on voit des drapeaux canadiens partout sur l'Île.  Ils sont fédéralistes au cube...

De la côte à la mer, circuit Sabot-de-la-Vierge

Summerside est tributaire de la pêche et de l'agriculture et n'offre pas grand chose aux touristes si ce n'est les rues résidentielles bordées de vastes demeures de bois.  Ses quais accueillent les gros cargos qui assurent le transport de la pomme de terre de l'Île vers les ports du monde entier.

On s'est même permis un pique-nique à Malpèque, lieue qui doit sa renommé aux fameuses huîtres du même nom, qui, atteintes du cancer en 1917, se sont soudain remises, on ne sait comment, à proliférer.  C'est l'une des seules créatures qui ait pu d'elle-même vaincre le cancer.  C'est pourquoi l'huître de Malpèque fait l'objet de recherches médicales depuis de nombreuses années.

Et pour terminer une autre belle journée, quoi de mieux qu'un succulent souper familial au homard, dans un style simple d'une ambiance paroissiale très sympathique, avec en prime des tartes fraîches et du pain maison et ce au St. Ann's Church.  Et oui !... dans un sous-sol d'église !  Mais quel festin !!!

À Miscouche ce qui a retenu notre attention est le Musée Acadien qui nous fait découvrir l'histoire des Cadiens de l'Île de 1719 à nos jours.  C'est l'histoire des Gallant, des Arsenault, des Poirier, des Richard, des Bernard. ~Florence à Jack à Ferdinant, Arcade à Philomène à Bélonie...~ comme dit si bien la chanson d'Angèle Arsenault qui reflète bien l'esprit de cordiale familiarité, de simplicité chaleureuse et d'humeur contagieuse qui règne parmi tous les gens de la région.  D'ailleurs Angèle Arsenault est une descendant de la grande famille des Joe Bibienne.  Mais il y a aussi les Joe Cannon, les Joe MacCauque, les Joe Narcisse et les Polycarpe.  Chacune de ces familles emble d'ailleurs avoir une spécialité.  Ainsi, les descendants de Eddie à Arcade à Joe MacCauque sont pratiquement tous des violoneux et les Polycarpe ont des voix d'ange.  Mais tous s'entendent pour dire que les acadiens de cette partie de la province semblent tous venir au monde avec une guitare en bandoulière, des souliers de gigue aux pieds, une chanson au fond de la tête et un violon sous le bras.

Le drapeau acadien a été officiellement adopté le 15 août 1884 lors de la deuxième Convention Nationale des Acadiens, tenue à Miscouche.  Le drapeau acadien est, en fait, le tricolore français sur lequel apparaît une étoile jaune dans la partie bleue.  L'étoile représente la Vierge Marie, patronne des Acadiens.  C'est aussi en l'honneur de la Vierge Marie que leur hymne national est l'Ave Maris Stella.  À Miscouche, on peut y voir l'Église Notre-Dame de-Mont-Carmel, construite en 1898, et qui est unique avec ses deux clochers.

Au pays d'Anne, circuit Héron Bleu

 

La région de Cavendish a de quoi contenter les amateurs de plage et les fervents d'artisanat ou tout simplement les amants de beaux paysage. 

Le paysage est très varié: dunes de sable, falaises de grès rouge, étangs, marais salés et sentiers boisés.  Parmi les oiseaux qui peuplent ce coin de pays, on compte une espèce menacée, le pluvier siffleur et le grand héron, d'où le nom du circuit.  La faune comprend en outre le renard roux, le lièvre d'Amérique et d'autres petits animaux.  Quant à la flore, elle est semblable aux autres provinces mais ce qui distingue P.E.I. se sont surtout ses Lupins.

Mais avant tout et par dessus tout...c'est le Pays d'Anne !!!  Et qui ne connaît pas l'histoire de Lucy Maud Montgomery:  Anne... La Maison aux Pignons Verts.  (Anne avec un "e" Shirley)

C'est avec amour que Lucy Maud Montgomery a décrit et immortalisé Cavendish dans ses fameux romans.  Cette romancière est née le 30 novembre 1874 dans le village de Clifton (aujourd'hui New London), où son père, Hugh, tenait le magasin général.  Sa mère meurt de tuberculose lorsque Lucy Maud n'a que 21 mois.  Son père part vers l'Ouest, laissant la garde de Lucy Maud à ses grands-parents maternels Alexander et Lucy MacNeill de Cavendish.  Ces derniers sont des calvinistes rigides mais leur protégée manifeste rapidement un caractère souriant, avide de jeux et de rires.  Dans une maison où on lui interdit d'amener des amis de son âge, elle se crée un monde secret, tiré de sa vive imagination.  Alors qu'elle est encore jeune fille, elle passe beaucoup de temps à la maison Green Gables, une propriété située à un demi kilomètre, qui était la résidence de ses cousins plus âgés David et Margaret MacNeill.

À 9 ans, elle espère déjà faire carrière dans l'écriture et commence un journal où se reflète l'effervescence de sa personnalité - et la pauvreté affective de son environnement.  Après un an passé en Saskatchewan auprès de son père et 'une belle-mère que sa présence indispose, Maud revient, à 16 ans, dans l'Île-du-Prince-Édouard poursuivre des études collégiales.  Elle sera ensuite 3 ans institutrice dans une petite école de campagne, mais, durant toutes ces années, elle n'arrête pas d'écrire.  À 21 ans, elle a déjà à son actif des dizaines de nouvelles lorsque le magazine Golden Days de Philadelphie accepte de lui en acheter une au prix de 5 $.

En 1898, à la mort de son grand-père, Maud quitte l'enseignement pour s'occuper de sa grand-mère.  Pendant 13 ans, elle sera à la fois maîtresse de maison, en charge du bureau de poste de Cavendish et pigiste pour des magazines américains et canadiens.  Même si ses revenus passent rapidement à 600 $ par ans - plus du double du salaire moyen gagné par les femmes à l'époque - Maud est loin d'être heureuse.  La solitude la ronge...

Donc, fidèle à son habitude, elle se réfugie dans un univers imaginaire et tient un carnet d'elle noircit d'idées de romans ou de nouvelles.  Au début de l'année 1904, une ancienne note presque effacée par le temps retient à nouveau son intérêt: "un couple âgé s'adresse à un orphelinat pour adopter un garçon; par erreur, on leur envoie une fille."  Dans un premier temps, elle y voit matière à une courte série de nouvelles qui pourrait aller chercher 50$.  Elle transforme Cavendish en Avonlea et choisit comme cadre de son intrigue une ferme du voisinage qu'elle rebaptise Les Pignons Verts; ce sera la propriété d'un vieux garçon timide, Matthew Cuthbert, et de sa soeur, Marilla, au caractère très proche de sa grand-mère MacNeill.

L'enfant abandonnée qui saura gagner leur coeur, Lucy Maud l'imagine sous les traits d'une gentille petite diablesse de 11 ans, qui n'a que la peau sur les os, bavarde tout le temps et manifeste un faible pour les grands mots et les coups pendables.  Une personnalité tellement fascinante que Lucy Montgomery ne peut se résoudre à l'abandonner:  elle va consacrer 15 mois à faire d'Anne... La Maison aux pignons verts un véritable roman.  Les tâches ménagères expédiées, elle passe des heures à griffonner sur des formulaires des Postes aventure après aventure, dans ses propres souvenirs.  Elle dactylographie finalement le tout avant de l'envoyer à 5 maisons d'édition.  toutes refusent.

En 1907, nouvel essai.  Cette fois, non seulement L.C. Page & Company accepte de la publier, mais l'entreprise de Boston demande une suite.  Folle de joie, Maud signe un contrat qu'elle regrettera longtemps, par lequel elle accepte un maigre 10% du prix de vente en gros de tous ses livres présents et à venir durant 5 ans.  En l'espace de 19 mois, le roman sera réédité 16 fois.  En 1910, Montgomery a déjà 3 romans en circulation qui se vendent à un rythme effréné en Angleterre, aux États-Unis et au Canada.  À l'exception d'un bref voyage pour répondre à l'invitation du gouverneur général Earl Grey, la nouvelle gloire littéraire d'Amérique du Nord ne quitte pas Cavendish et continue à faire le ménage.  Grand-mère MacNeill, toujours aussi acariâtre, ne veut pas de gouvernante.

Après la mort de celle-ci, en 1911, Lucy Maud épouse à l'âge de 36 ans, Ewan Macdonald, de 4 ans son aîné.  C'est un pasteur presbytérien de la région, qui vient tout juste d'accepter un poste à Leaskdale en Ontario.  Même si elle met en doute la divinité du Christ, Maud prend ses devoirs religieux au sérieux.  En 3 ans, elle donne naissance à 2 fils, puis reprend la plume sous son nom de jeune fille, au grand déplaisir de son mari.  Quand elle entreprend son 5ième roman, en 1912, le premier se vent toujours aussi bien: 1914, Anne en est à sa 38e réédition et les revenus de Maud atteignent 12 000 $ par année - le salaire du premier ministre - avant de grimper plus tard à 46 000 $.

Son contrat avec Page arrivant enfin à expiration, elle accepte l'offre beaucoup plus avantageuse d'un éditeur de New York, Frederick Stokes: des avances de 5000 $ et 20% du prix de vent au détail.  Furieux, Lewis Page ampute de 1000 $ son prochain chèque de droits d'auteur.  Poursuivi en justice, il perd son procès et lui offre de racheter les droits complets des 7 premiers livres.  Dans sa hâte d'en finir, elle accepte à un prix beaucoup trop bas: 18 000 $.  Peu de temps après, Page vendra 40 000 $ les droits d'adaptation cinématographique du roman, et Maud N, n'en tirera pas un sou.

En dépit de tous ses succès littéraires, la vie privée de la romancière est un désastre.  Pendant 20 ans, Lucy Maud tentera de sauver son couple mais sans succès.  Elle retourne quelquefois à P.E.I. avec ses 2 fils, contemple avec nostalgie les ruines de la maison de ses grands-parents et fait de longue promenades solitaires à travers la Forêt hantée.  Elle séjournera plusieurs fois aussi dans la ferme qui lui inspira la maison aux pignons verts; sa cousine Myrtle y reçoit déjà des touristes.

Quand Ottawa décide de transformer l'endroit en parc national, elle s'émeut d'abord à l'idée des foules qui font venir piétiner les sentiers de sa jeunesse, mais finit par se réjouir qu'ils ne soient pas perdus pour tout le monde.  À cette époque, son mari est à la retraite et elle doit s'occuper de lui dans leur dernière demeure, à Toronto.  Elle y mourra en 1942, le 24 avril mais elle est enterrée à Cavendish.

Maud (comme elle aimait qu'on l'appelle), a publié 23 livres de 1908 à 1942 et la série d'Anne a été traduit dans 17 langues au moins.  Pas étonnant qu'à chaque année plus de 200 000 admirateurs, venant de 60 pays différents, font le "pèlerinage" afin de voir l'endroit où "Anne a vécu".

Et même si elle n'a vraiment vécu que dans les livres de Lucy Maud, Anne a changé sa province d'adoption à tout jamais !  On trouve des traces d'Anne un peu partout dans la province et à certains égards, plusieurs adolescentes ont un brin de ressemblance avec l'héroïne - un air de famille quoi !  Probablement à cause du sang écossais ou irlandais qui circule dans la région...

Malheureusement, l'immortelle héroïne fut l'objet d'un enjeu d'une sombre querelle juridique entre les héritiers de Toronto par l'entremise d'une marque déposée Avonlea Traditions,  les artisans de l'Île-du-Prince-Édouard et le gouvernement.  Comme l'écrit alors Tracey Tyler dans le Toronto Star: "Anne, qu'on a coutume d'associer aux fleurs de pommiers et à la douceur d'une autre époque, est devenue tout à coup l'enjeu bassement matériel d'une bataille juridique acharnée."  En 1994, les parties impliquées finiront pas signer un contrat, ce qui fera dire à l'avocat impliqué dans les négociations: "Finalement, nous sommes tous devenus des âmes soeurs."   À vous de juger...

Die © 2002

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