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Jour 121 - 30 mars 2011

On remonte toujours...  on a décidé de faire le détour via l'autoroute Monterrey/Reynosa plutôt que de passer par Matamoros.  C'est un bon détour mais sécurité oblige !  Par conséquent ce soir on couche près de Ciudad Vallès au El Benito qui est légèrement en dehors.  Camping so-so, encore une fois, en décrépitude.  C'est vraiment dommage ce manque d'entretien car les installations sont là mais inefficaces bien souvent.  Ici par contre, il y a une piscine d'eau sulfureuse, idéale parait-il pour la peau mais je ne l'ai pas testée - lolll - mon mari si mais pas pour les bienfaits dermatiques mais pour se rafraîchir tout simplement.  D'ailleurs, il n'y avait que des hommes dans la piscine venus de la ville après l'école ou le travail.

 

Jour 122 - 31 mars 2011

Nous voilà donc à Matehuala, au Las Palmas Hotel, à la même place que les caravanes de Serge.  On a internet à la roulotte, donc on termine nos courriels et avisons nos enfants du prochain retour des parents.  On discute de notre retour vers le Québec.  Comme il reste une dizaine de jours, quinze tout au plus, André suggère de repasser par Port Aransas mais ça ne me le dit pas de retourner vers la mer.  Je préfère sortir du Mexique et monter vers le nord lentement.

 

Jour 123  à 134 - 1er au 12 avril 2011

Aujourd'hui, nous sortons du Mexique par la nouvelle douane Anzalduas là où les caravanes de Caravanes Soleil partant de Mission passent pour se rendre au Mexique.  Super !  Nous n'avons pas attendu du tout pour remettre nos permis et nous avons eu qu'une attente de 20 minutes aux douanes américaines incluant la petite fouille réglementaire pour la bouffe.  Mon frigo étant vide, ça n'a pas été long.  Même chose pour les douanes USA/Canada.

Donc, on s'est entendu sur la remontée lente vers le Québec et nous refaisons sensiblement les mêmes arrêts que lors de la descente, à savoir:

2
Flying J d'Edinburg
3
Rest Area de Whitsett sur la 37 (sortie 78)
4
Rest Area San Antonio Nord sur la 35 (sortie 179)
5
Rest Area de Salado sur la 35 (sortie 282)
6
Welcome Center du Texas sur la 35 (direction sud)
7
Flying J de Joplin
8
Flying J de Sullivan
9
Rest Area d'Indianapolis sur la 70 (sortie 65)
10
Flying J de Grand Ledge sur la 96 (sortie 90)
11
Flying J de Napene d'Ontario
12
CHEZ NOUS dans Lanaudière au Québec !

 

Avant de quitter, j'aimerais vous dire quelques mots sur les Mayas...

Dans l'temps, les mayas occupaient un très grand territoire allant des états mexicains de Quintana Roo, Campeche, Yucatan, Tasasco, le Chiapas, s'étendant jusqu'au Guatemala, le Belize et s'étirant même jusqu'au Honduras et le El Salvador en Amérique centrale.  On trouvait sur tout leur territoire, des arbres fruitiers et à bois, une grande variété d'espèces animales, notamment le quetzal, oiseau sacré chez les Mayas qui le considéraient comme un messager des dieux.  Le territoire était également traversé par plusieurs fleuves, était couvert de forêts tropicales et de paturages.  Il était riche en arbres à essences précieuses, comme le cèdre et ce grand territoire recelait également la faune la plus variée. Il y avait également une partie de leur territoire qui était une basse plaine calcaire à peine ondulée par les collines puuc et là poussaient des herbes médicinales car cette zone, malgré l'aridité de son sol, était parfois coupée par de faibles cours d'eau.  Dans cette terre calcaire qui absorbe l'eau de pluie, se formaient des nappes souterraines (cenotes) qui apparaissent lorsque s'effondre la voûte des grottes et qui ont joué un grand rôle dans la vie de la population locale puisqu'elles leur donnaient l'eau nécessaire à leur subistance.

C'est une partie de ce coin de pays que j'ai tenté de vous faire connaître au travers de mon récit mais aussi...

Les Mayas avait une organisation sociale bien développée.  Sa société se composait de groupes familiaux qui avaient en commun des coutumes, une langue, un territoire.  Ensemble, ils cultivaient la terre, pêchaient, chassaient et pratiquaient la cueillette, afin d'assurer leur subsistance... et plus tard, à mesure des progressions et de l'évolution, ils se diversifièrent et se mirent au commerce.  Et c'est là que les villes et les grands centres cérémoniels ont débutés et avec elle une structure sociale plus hiérarchisée.  Et c'est ainsi qu'apparurent la classe gouvernante, les prêtres et les chamans, les guerriers et les commercants en plus des architectes, les astronomes et les scribes.  Plus bas dans l'échelle sociale se trouvaient les maçons, les serviteurs, les potiers et les autres artisans.  Et plus loin des grands centres vivait la classe inférieure composée de chasseurs, de pêcheurs et d'agriculteurs.  À cela s'ajoutait les esclaves (pentacoob en maya) choisis en général parmi les prisonniers de guerre, les enfants d'esclaves et les orphelins.

Ça ne semble pas avoir changé beaucoup si l'on regarde notre propre organisation sociale !

Les Mayas avaient mis en place un vaste réseau d'échanges commerciaux.  Des routes unissaient différents points afin de transporter vanille, caoutchouc, plumes, peaux de jaguar, tabac et miel, ainsi que coquillages, poissons secs et perles.  Le commerce était une activité réalisée par des marchands appartenant à l'élite aristocratique.  On transportaient les produits à dos d'homme par des esclaves à travers les routes terrestres, ou par voies fluviale ou maritime sur de grandes pirogues.  Les échanges commerciaux se faisaient généralement par le biais du troc, encore que l'on utilisait également l'amande de cacao en guise de monnaie.

Il y a de ces jours où j'aimerais bien revenir au troc !

La religion était omniprésente dans tous les aspects de la vie quotidienne. Plusieurs rites cérémoniaux étaient d'ordre religieux afin d'honorer les différents dieux et d'attirer leurs faveurs surnaturelles.  Ces dieux étaient incarnés dans les forces de la nature comme les astres et la pluie, indispensable à la survie de l'homme ainsi que dans la mort.  Au delà de la multitude de dieux qu'ils honoraient, les Mayas avait divisé l'Univers en 3 plans horizontaux:  le Ciel, la Terre et le monde souterrain (inframonde).  Dans le Ciel, divisé en 13 plans, habitaient les astres et Itzamna (le dieu suprême) donnait la vie à tout le cosmos.  La terre était conçu comme une surface plane flottant sur l'eau ou encore comme un énorme crocodile dont le dos était recouvert de végétation.  L'Inframonde comportait 9 plans et le dieu de la mort, Ah Puch, était représenté sous forme de squelette humain et vivait dans le niveau le plus retiré.  Le Ciel, la Terre et le Monde Souterrain étaient re-divisés en 4 secteurs correspondant aux points cardinaux.  Les Mayas pensaient que les dieux avaient détruit et reconstruit l'univers à nombreuses reprises et qu'à chaque fois les hommes s'étaient améliorés pour arriver, finalement, au monde actuel.

Si seulement c'était vrai ? 

On connait la naissance de l'écriture hiéroglyphique et le système de numération des Mayas qui ont donné des valeurs aux nombres et qu'ils ont utilisé le zéro.  Mais l'astronomie occupait aussi une très grande place.  On sait d'ores et déjà que leurs grands édifices étaient construits POUR l'observation des astres mais aussi SUR l'orbservation de ces mêmes astres.  Outre l'observation de l'apparition et la position des astres, ils ont su calculé la révolution du soleil en 365 jours et celle de la lune avec une très faible marge d'erreur.  Ils avaient prévu l'apparition des éclipses solaires sur une période de 33 ans en clculant les révolutions de Mars, Jupiter et Saturne.  Et c'est à l'aide de ces connaissance qu'ils ont construit deux calendriers:  l'un solaire, le Haab de 365 jours comportant 18 mois de 20 jours plus 5 jours supplémentaires appelés Uayeb;  l'autre calendrier était rituel, le Tzolkin, de 260 jours constitué de 20 signes et 13 numéros, utilisé pour marquer les fêtes des dieux et prédire le destin des hommes.  Et ils combinaient les deux calendriers... donc chaque jour présentait une combinaison nouvelle et, pour en retrouver la même caractéristique, il fallait attendre 18 980 jours (ie que les jours identiques se répétaient chaque 52 années solaires et 73 années rituelles).

Oh boy... moi qui a déjà de la misère à garder mon agenda à jour - lolll.

Les Mayas étaient des artisans.  Qu'on pense aux sculptures, aux céramiques et aux peintures qu'ils nous ont laissés... c'est édifiant.  On n'a qu'à se promener dans les musées pour le découvrir.  Et si on ajoute l'architecture... on peut dire qu'ils étaient des génies car ils ne se sont pas contenté de construire une maison, un palais, un temple... non.  Ils ont donné du style à leurs édifices:  des arcs, des voûtes, des terrasses superposées, des moulures, des cresterias ou crêtes faîtière et des colonnes.

Certains de nos architectes auraient des leçons à retirer d'eux !!!

Mais qu'en est-il de nos Mayas d'aujourd'hui ? 

Les groupes qui parlent les langues issues du tronc linguistique maya vivent dans des villages situés dans la région où leurs ancêtres fondèrent cette remarquable culture.   Même s'ils présentent des variantes économiques, sociales, religieuses et culturelles, ces groupes n'en conservent pas moins certaines caractéristiques fondamentales communes. 

Leur religion est maintenant un mélange de croyances préhispaniques et catholiques:  ils vénèrent les divinités de la nature et exécutent des rituels pour la maîtrise du climat et la guérison des maladies, sous la direction d'initiés versés dans le surnaturel, tout en rendant culte aux saints et en célébrant certaines fêtes du calendrier catholique.

L'organisation politico-religieuse conserve également des éléments préhispaniques et coloniaux, à travers un système élaboré de charges au service de la communauté.  Ces groupes vivent en communautés essaimées autour du village principal où se trouvent l'église et la mairie.

Pensez à San Juan de Chamula dont je vous ai parlé.  C'est un pleuple qui me fascinait d'avance, que j'ai appris à connaître et que j'ai aimé et respecté.  Que de bons souvenirs vais-je en garder !!!

Conclusion:

Bien sûr il y a eu des dommages durant le voyage, bien sûr il y a eu des déceptions, bien sûr il y a eu des compromis mais ces désagréments ont été minimes comparativement à la beauté de ce que nous avons vus.

Quand on vit à Montréal ou à Québec, même si les archéologues ont trouvé des artefacts permettant d’évaluer une présence humaine environ 3 000 à 4 000 ans avant notre ère, il n’en demeure pas moins que des artéfacts ne sont pas des vestiges aussi spectaculaires que les ruines de la civilisation maya, même si elles sont restaurées ou reconstruites, la base est là.  Notre histoire, bien selon moi en tout cas, n’est pas aussi impressionnante que celle de ces anciens peuples précolombiens qui sont connus pour leurs avancées dans des domaines aussi variés que l’écriture, l’art, l’architecture (vous en avez eu la preuve par les photos), les mathématiques et l’astronomie.  Comment ont-ils pu bâtir des pyramides et des temples autant en relation avec le monde cosmique… ça me dépasse.  Et vous avez vu la grosseur de ces gros blocs de pierre empilés les uns sur les autres et sans assistance mécanique.  Non vraiment… c’est édifiant !

Bien sûr on n’a pas tout vu.  On a été obligé de faire des choix et parfois, sans être vraiment déchirants, ils ont tout de même été difficiles à faire car les goûts des uns ne sont pas nécessairement les goûts des autres.

Quel beau voyage j’ai fait !  Quels beaux souvenirs je vais en garder ! 

En plus, on a rencontré des gens remarquables.  Je n’ai qu’à penser au pompiste tout fier de nous dire qu’il était maya - et pour cause - ou à cet autre rencontré sur un site archéologique me vantant ses talents d’artiste en restauration de ruines (j’ai failli lui demander s’il pouvait faire quelque chose pour moi – lolll).  Oui, on a eu droit à plusieurs contrôles militaires mais jamais de façon agressive.  Bien au contraire… pendant que je faisais « visiter » la roulotte à un ou deux d’entre eux, André s’entretenait avec un autre en lui racontant d’où on venait et où on allait.  D’ailleurs c’est toujours la question qu’ils posent mais la conversation, en espagnol rudimentaire, allait bien au-delà des questions et réponses obligatoires.  Pendant que « les miens » s’étonnaient de voir un four micro-ondes ou un bol de toilette et une douche, « celui d’André » posait des questions sur le Canada et la froidure du Québec.  Une pognée de main scellait ce court instant avec en prime, les petits conseils de sécurité.  Quoi demander de mieux ?

On a aussi rencontré des gens sur les terrains de camping qui y allaient de leurs conseils et de leurs expériences.  Ce fut fort apprécié car selon les comptes-rendus on modifiait notre route ou on évitait tel coin.  Ce fut le cas par exemple pour les visites de Yaxchilan et Bonampak (Palenque) car ces sites étaient trop près de la frontière guatémaltèque et moins sécuritaire.  Même chose pour la route menant à Akumal (près de Tulum) car un couple de français s’est fait arnaqué sur cette route et il campait sur le même terrain que nous. Nous avons même modifié des visites, suite à des conseils.  Robert et Jocelyne (que je salue en passant) nous ont déconseillé d’aller visiter El Tajin car beaucoup moins intéressant que les sites déjà visités. 

Et parlant de camping, pour vous faciliter la tâche si jamais vous décidez de faire un voyage similaire, voici les terrains auxquels nous avons adhérés.  Ils sont mentionnés au fur et à mesure dans mon récit mais le fait de les assembler ici, facilitera votre tâche.

Endroit
Camping
Commentaires
Melaque Trailer Park La Playa Très petit mais propre, installations adéquates et au bord de la mer
Playa Azul Playa Azul Hotel & Campground Très petit avec installations défaillantes - une nuit ou deux c'est acceptable - pas loin de la mer
Acapulco Acapulco Trailer Park Excellent avec pull-through, bonnes installations et au bord de la mer
Puerto Escondido Neptuno Trailer Park Boondocking seulement mais sécuritaire avec clôture, bord de mer et "en ville"
Port Angel/El Zipolite Rancho Los Mangos Excellent, bonnes installations et pas loin de la mer.  Très sécuritaire et plein de resto au petit village mais dispendieux
Oaxaca Oaxaca Trailer Park Passable, installations so-so mais est en pleine ville, ce qui n'est pas à dédaigner
Arriega Hôtel El Parador Aucune installation, boondocking avec permission mais difficile d'accès pour les gros VR
Ocozocoautla Hogar Infantil Installations déficientes, donc boondocking - sécuritaire par contre et frais volontaires à l'association ou au foyer
San Cristobal Chedraui Boondocking avec permission du gérant mais pour 1 jour ou 2 max selon la journée
Palenque Maya Bell Petit mais bonnes installations en plein coeur du Parc Archéologique - mon coup de coeur !
Chetumal YaxHa Resort Difficile à trouver et d'accès difficile pour les gros VR mais très bien aménagé avec piscine et au bord de mer
Tulum/Paa Mul Paa Mul Trailer Park Gros terrain bien aménagé et installations excellentes - piscine et bord de mer
Cancun El Mecoloco Très très mal entretenu, installations défaillantes - bon pour boondocking car pas trop loin de Cancun en colectivos
Chichen Itsa Pyramid Inn Stationnement permis à l'Hôtel sur demande - boondocking et peu de place - parfait pour visite le site
Merida / Chelem Hôtel Bienestar à Chelem Stationnement derrière l'Hôtel sur demande - peu d'installation, donc boondocking
Campeche Club Nautico Excellente place, piscine et bord de mer, très dispendieux pour la place ($350 pesos/nuit) super sécuritaire
Ciudad del Carmen Hôtel Gincha Très belle place, nouvellement rénovée, clôturée et sécuritaire au bord de la mer, bonnes installations
Villa Hermosa Rancho Graham En dehors de la ville, boondocking privé derrière le ranch en question
Lake Catemaco Hôtel Tepetapan Belle place, bien aménagée, installations adéquates - piscine et pas loin de la petite ville
Boca del Rio Villa Deschamps En décrépitude - boondocking sécuritaire car clôturé - au bord de la rivière
Esmeralda Coast Quinta Alicia (voir page 12 sur ce site) Très petit (VR en bas de 30 pieds) mais bien entretenu - piscine et bord de mer - autre coup de coeur et super tranquille
Poza Rica Hôtel Poza Rica Inn Stationnement à l'hôtel avec quelques installations. Super sécuritaire et accès à l'hôtel pour services
Ciudad Valles El Benito Camping en décrépitude mais pour un arrêr d'un jour ou deux, c'est passable - piscine d'eau sulfureuse
Matehuala Las Palmas Camping derrière hôtel, bonnes installations - autres services à l'hôtel

Oui tous ces gens rencontrés, ces places visités et ces espaces explorés sur 19,885 kilomètres (du 30 novembre 2010 au 12 avril 2011) ont été un cadeau du ciel car nous avions la santé, l'énergie et les sous pour le faire et ce n'est pas tout le monde qui peut se le permettre.  OK on ne voyage pas dans le luxe mais on ne peut pas dire non plus qu'on fait pitié et cette vie je l'aime... et c'est grâce à mon mari qui m'a presque forcé à faire du camping dans les années 1993 que maintenant je peux apprécier ces voyages en VR.  Merci André, je t'aime.

Et pour terminer sur une note humoristique ou du moins plus terre-à-terre - lolll - voici quelques photos prises ici et là au cours du voyage...

Tous les moyens sont bons pour se déplacer !
 
et même les VR n'y échappent pas... du plus simple au bunker
et on ne se gêne pas pour charger... pourquoi faire 2 voyages quand tu peux en faite qu'un seul !
     

J'ignore si on aura l'opportunité de refaire de gros voyages et de vous les raconter mais c'est certain que tant que la santé de nos machines et de la nôtre le permettra, on continuera à faire les caravanes de Caravanes Soleil car c'est un autre aspect que je ne déteste pas du tout.  Alors c'est peut-être un rendez-vous que je vous donne mais pas dans le récit de caravanes à moins que je change de circuit (petit message subliminal ici - lolll)

Allez... au revoir et SURTOUT GORS MERCI DE M'AVOIR LU jusqu'au bout.

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