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Jour 104 - 13 mars 2011

Aujourd'hui, nous visiterons Merida mais avant, on prend un bon gros déjeuner avec oeufs et bacon en attendant que Frank et Arletta nous rejoignent.  Nous sommes privilégiés d'avoir un guide personnel en la personne de Bernard (Roadtreckeux sur le forum de VRcamping). 

Mérida, en tant que capitale de l'État du Yucatan, est une grosse ville de 950,000 habitants.  On l'appelle La Cité Blanche.  Il y a certes un gros trafic urbain, de grandes artères d'entrée et de sortie de la ville et tous les commerces qu'on retrouve imanquablement dans ces villes modernes.  Par contre, elle a su garder un cachet colonial dans son centro.  Et malgré le brouhaha de la ville, elle réinvente une atmosphère familiale et chaleureuse tous les dimanches.  Eh nous sommes justement dimanche !  Pour une fois, notre timing est bon.  En effet, on ferme le centre-ville à la circulation et là, le centro s'anime de sérénades yucatèques, de concerts de salsa, de jazz et de rock...  des groupes se forment ici et là et nous invitent à admirer leurs prestations, que ce soit la danse, les chants ou les discours.  Tout est prétexte à une fête familiale mais aussi à faire valoir les jeunes et les vieux dans ces activités.  Et tout ça au travers les étals où on nous vend une panoplie d'articles disparates allant de vêtements aux denrées alimentaires sans oublier, bien sûr, les hamacs de sisal*.  Une vrai foire où règne une activité exaltante et captivante. La nature est riche et abondante, les jardins frais et de taille agréable...  en fait, tout concorde au bien-être et fait de Mérida une ville où l'on aimerait séjourner.  Alors je comprends Bernard d'avoir choisi cet endroit.  D'autant plus que la mer n'est pas très loin non plus:  environ 40km sur une très belle route style autoroute !

Malgré tout, la ville, densément peuplée, dégage un charme inoubliable.  Elle a un cachet très particulier, à la fois espagnole et indienne créant une étrange alchimie d'atmosphère provinciale et de vitalité cosmopolite, de langueur méridionale et d'élégance aristocratique.  Se côtoie les musées, les théâtres, les hôtels, les édifices majestueux, les parcs ombragés d'amandiers et de lauriers, les boutiques d'artisanat et les terrasses sous les arcades dans un bel amalgame de diversité.  Petite particularité intéressante ici...  toutes les rues sont numérotées, au départ du Zocalo: les numéros impairs désignant celles qui sont orientées d'est en ouest et les numéros pairs, du nord au sud.

Il serait fastidieux de vous énumérer les endroits visités car d'une part on s'est promené de long en large de la ville et d'autre part, je n'ai pas pris de note, me contentant de photographier ici et là et d'écouter notre guide privé nous décrire si généreusement les différents aspects de telle architecture ou de l'histoire de tel édifice.  Vraiment passionnant car Bernard possède une grande culture historique.  On s'est donc promené au travers du Zocalo animé au milieu des ficus aux troncs blanchis; visité la cathédrale San Ildefonso où les clochers ressemblent à un jeu de cubes gigognes, la Casa de Montejo qui occupait jadis toute la manzana (pâté de maisons) au sud du zocalo.  Aujourd'hui se cache, derrière la magistrale façade principale, la Banque Banamex mais cette imposante maison était habitée autrefois par la famille de Francisco de Montejo, conquistador de l'actuel État du Yucatan et qui fonda la ville de Mérida en 1540.  À ces visites, s'ajoutent le mercado, musées, théâtres, université, etc...  En voici donc un aperçu...

*Le sisal est une plante de la famille des Agaves, communément appelé henequén.  De ses feuilles, on extrait des fibres, également appelées sisal avec lesquelles on fabrique hamacs, cordage, tissus grossiers, tapis, sacs et autres objets où on a besoin de robustesse.  En effet, les fibres de sisal sont très résistantes.

De retour vers les 4 heures, passablement fatigués, nous reprenons la route vers notre camping à Chelem. On retrouve donc notre couple-accompagnateur qui n'ont pas apprécié, plus qu'il ne faut, les plages de Chelem.  Ils auraient été mieux d'aller voir du côté de Progresso ce que je propose pour le lendemain car nous aimerions relaxer un peu mais ils préfèrent reprendre la route.

 

Jour 105 - 14 mars 2011

Donc, aujourd'hui on reprend la route mais impossible de sortir de notre camping - loll.  Je vous l'ai dit que c'était sécuritaire ici à tel point que la barrière est cadenassée et personne pour nous ouvrir.  André est allé réveiller des gens dans une maison attenante qui ont communiqué avec je ne sais qui et nous sommes partis 30 minutes plus tard. 

On prend donc la fameuse route de Puuc, direction Campeche mais nous sommes bien fatigués.  On n'a pas l'habitude de se coucher tard et disons que le voyage commence à se faire sentir. La Route Puuc se trouve le long de l'unique cordillère de collines de la Péninsule du Yucatan appelé Sierrita de Ticul (tiens... je retrouve mes "ti-culs" ici - lolll) et relie 4 autres sites archéologiques, traverse grottes et haciendas et se faufile dans quelques villages.  Et justement nous désirons voir 1 ou 2 haciendas (maison agricole).  Dans l'ordre de notre conduite, il y a Muna mais la route nous fait contourner Muna.  La deuxième est Ochil mais elle est fermée et la troisième est Yaxcopoil (prononcer "yash-co-po-il").  Il s'agit d'une hacienda de sisal datant du 17e siècle avec un arc polylobé de style mauresque.  Il est dit dans mon Michelin que la visite coûte 40 pesos (environ $3. canadien) et qu'on peut y voir les anciennes machines, la râpe mécanique, la maison des maîtres, la chapelle et le jardin.  Mais... c'est loin d'être aussi beau que l'on écrit, hormis l'arche peut-être et encore puisqu'il est en dangereuse dégradation.  De plus, le gardien demande $5. par personne pour voir si peu car il ne reste plus rien de la belle hacienda.  On se contente donc de prendre en photo l'extérieur sans la visiter.  J'veux bien croire qu'ils ont besoin de la restaurer mais c'est cher payé pour le peu qu'ils ont à offrir.

Comme pour Tulum, on passe devant le site archéologique de Xumal (prononcer « Ouchmal ») avant de se rendre à Campeche.  En fait, on ne devait pas visiter ce site, mais comme Bernard nous l'a très recommandé, on s'y arrête.  Et on n'a pas été déçu !

Comment décrire un autre site archéologique sans trop se répéter ?  Située à 78km au nord de Mérida, la zone est entourée par une chaîne de collines qui tranche avec la monotonie du paysage du reste de la péninsule.  Ces collines encadrent parfaitement le fabuleux site d'Uxmal dont les silhouettes de pierre apparaissent à l'horizon comme un mirage.  La série de bâtiments est caractérisé par leurs proportions particulières à l'esthétique horizontale et une architecture originale (style puuc*).  En effet, ici, ce sont de longues et belles façades décorées de filigranes de pierre et ornées dans leur partie supérieure de mosaïques dédiées le plus souvent à Chaac, le dieu de la pluie.  Uxmal voudrait dire "trois fois construite" et tirerait son nom du labeur trois fois recommencé.  Mais d'autres prétendent qu'Uxmal voudrait également dire "lieu où la récolte est abondante".  Bon...  allez savoir ?  Anyway... l'histoire de cette cité demeure encore mal connue.

*puuc veut dire "collines" en maya mais le nom a été transmis à un style d'architecture qui se caractérise par les dimensions grandioses des édifices mais les façades au niveau inférieur sont très dépouillées et au niveau supérieur plus travaillées.

Le site d'Uxmal, comme pour les autres sites archéologiques, comprend de nombreux édifices et se divise par quadrilatères ou quartiers :

Encore une fois, je vais devoir faire une sélection et vous en montrer qu'un échantillon...

Durant le trajet pour se rendre à Campeche, on roule sur la route de puuc, comme je disais tantôt, et on traverse de beaux petits villages mayas.  Vraiment chouette avec leurs petites casas en forme de hutte.  Certaines sont faites de bois, puisque le peuple se trouve en forêt, et c'est avec des lianes qu'on attache l'ensemble des pièces.  Les toits sont faits de paille de guano et de palmes. Ces huttes, de forme surtout rectangulaire, ont des coins arrondis.  Ici aussi le modernisme les rattrappent et ils utilisent le stuc ou la pierre pour certaines parties comme en témoigne les photos prises en roulant.

Après la visite, comme la FW de notre couple-accompagnateur ne peut entrer dans l'un des camping dans la ville de Campeche car trop gros et que l'autre camping est sans service, selon Church en tout cas, on se rabat sur le Club Nautico qui est le plus quoté mais dispendieux.  Comme on est tous bien fatigués, un camping "digne de ce nom" sera notre petite récompense.  Il s'agit d'un gros complexe sportif privé.  Oh que oui c'est beau et superbement entretenu sauf que pour le stationnement des VR c'est difficile.  La chaussée nous menant aux divers sites est passablement étroite et il est difficile de manoeuvrer pour reculer, sans heurter les petits murets de ciment qui entourent les sites et sans tomber dans la creuvasse d'évacuation d'eau le long du chemin. Par ailleurs, une fois qu'on a été stationné dans un site, on se rend compte qu'on n'a pas d'électricité.  Heureusement, LUI n'avait pas encore entamé la manoeuvre de stationnement car il attendait après nous.  Après s'être plaint à la réception, on nous demande de changer de section.  Bon... pas l'choix... tant qu'à payer $350 pesos/nuité aussi bien avoir du service !!!  Comme nous sommes plus petit et qu'André connait très bien son équipement, on réussi à se stationner assez facilement mais il en a été autrement de notre couple-accompagnateur qui ont dû se reprendre plus d'une fois.

Une fois tout l'monde installé, notre 4 à 7 apprécié et le souper fait... il n'est pas tard qu'on se couche.

 

Jour 106 - 15 mars 2011

Comme je disais auparavant, nous sommes très fatigués et par conséquent, on prend une journée de repos au camping pour aujourd'hui.  Donc, petit barda de la roulotte en matinée, commissions au village voisin, internet à la réception et piscine en après-midi.  Ça beau être beau au Club Nautico, mais il n'y a rien à faire ici, étant loin de tout et les installations sportives sont fermées pour l'hiver.  Bien oui, c'est l'hiver pour eux !  Mais cette journée nous était nécessaire pour récupérer un peu.

Durant notre 4 à 7 quotidien, notre couple-accompagnateur nous informe qu'ils quitteront demain matin sans même aller visiter la ville de Campeche qui était prévue pour demain.  Nous sommes plus ou moins surpris car d'une part, ils nous semblaient moins intéressés depuis quelques jours, depuis Cancun en fait, et d'autre part ils ne trouvent pas intéressant ce que nous projetons de faire pour le restant du voyage... et c'est tout à fait leur droit.  N'avions-nous pas dit au départ qu'ils n'étaient pas obligés de nous suivre dans toutes les destinations, visites et activités.  Ça faisait partie du contrat verbal. Un des problèmes (ils étaient au courant) c'est que nous avions planifié de sillonner la côte-est du golfe du Mexique, en visitant tous les terrains de camping potables à la recherche d'un pied-à-terre pour l'avenir.  Évidemment, ça ne les intéresse pas outre mesure et ajoutez à cela qu'ils veulent faire réparer leur FW aux USA et qu'ils aimeraient entrer au Québec début avril tandis que nous c'est à la mi-avril.  Nous nous attendions à cette éventuelle séparation mais pas si tôt et pas de cette manière.  Je croyais qu'on aurait organisé un souper "d'adieu" avant de se quitter.  Mais c'est leur choix et on ne peut que les remercier de nous avoir accompagné durant 1 mois sans chigner sur les visites et activités proposées et d'avoir été d'aide durant les questionnements sur les routes à suivre ou de soutien autant physique que moral durant les tribulations d'un tel voyage.

 

 

Jour 107 - 16 mars 2011

7h30, nos copains nous quittent...  les remerciements, les bonne route, les embrassades et quelques larmes sont au rendez-vous.  Après leur départ, on s'apprête à aller visiter Campeche.  Comme j'ai dit plus haut, nous sommes loin de la ville et c'est en colectivo que nous désirons nous rendre. 

On s'installe donc à l'entrée du Club Nautico pour l'attendre. Deux nous passent sous le nez car complets - c'est l'heure des travaillants.  Comme nous étions à attendre avec le surveillant du Club, une mini-van blanche s'arrête.  À l'intérieur: 2 hommes en avant et une dame en arrière, troisième siège vide.  Le surveillant parle avec les messieurs et on nous offre de nous conduire en ville.  Super !  Je prends donc place sur le deuxième banc avec la dame tandis que mon homme s'installe en arrière.  On se présente et la conversation s'engage... pour apprendre que la dame, Guadalupe Eugenia Quijano Villanueva, est juge en chef (chez eux, c'est magistrat - mon Larousse me dit que ça ne se met pas au féminin) de la Cour Supérieure de Justice de tout l'État de Campeche et que les hommes en avant sont son chauffeur et son garde du corps.  Eh oui, elle parle français car elle a étudié 2 ans en France et elle s'apprête à aller étudier à Ottawa pour apprendre les rudiments de notre système judiciaire et pénal pour y apporter des réformes à Campeche.  Il y aurait entente d'échanges de services entre les deux gouvernements.  Un moment donné, elle regarde l'heure et parle en espagnol à son chauffeur.  On s'aperçoit qu'elle lui fait faire un écart dans l'itinéraire prévu (elle travaille au nord de la ville) car il nous amène au centre-ville en passant par les rues intéressantes de Campeche où l'on peut voir les forteresses.  Tout au long du parcours, elle nous énumère et commente tel immeuble ou tel autre.  Vraiment très sympa cette femme...  j'vous l'ai dit qu'on rencontre du bon monde au Mexique - lolll.

Alors si vous voulez voir le centro de Campeche... vous savez quoi faire, sans aucun doute...

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