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Ah les aventureux... vous êtes donc au rendez-vous...  Mais avant d'aller se promener en barque, on va aller manger un petit quelque chose au resto "d'en haut".  C'est que nous devons attendre qu'il y ait une quinzaine de personnes qui veulent bien prendre cette lancha.  Et pour l'instant, nous ne sommes que quatre.  Alors aussi bien joindre l'utile à l'agréable en prenant une petite bouchée.  Il s'agit d'un casse-croûte mexicain mais la bouffe est bonne.  Par contre, quand on redescend pour s'assurer une place sur le prochain bateau, il y en a déjà un qui vient de quitter.  Il y aurait eu 4 places mais ils ne sont pas venus nous chercher et pourtant le type à la réception savait que nous mangions juste en haut.  Mais comme c'est un petit groupe organisé, j'ai comme l'impression qu'ils n'ont pas voulu de nous.  Il nous faudra donc attendre une autre occasion.  Elle se présente une dizaine de minutes plus tard mais là encore, c'est un groupe organisé d'allemands et les 2 barques sont complètes.  Re-attente... pendant une grosse heure à tel point que nos hommes commencent à s'impatienter.  Mais on fini par le prendre ce bateau.

Que dire du Canyon de El Sumidero sans en faire un long discours - lolll.  Certains canyons ne sont pas formés par l'érosion naturelle, mais par un tremblement de terre qui ouvre une faille et c'est le cas du Canyon El Sumidero.  Au fond de cette gorge géante, sinue la rivière Grijalva, où les crocodiles s'y baignent (mais ça je ne l'ai pas dit à ELLE - lolll) et c'est sur cette dernière que nous naviguerons pour admirer les falaises de 1000 mètres (3280 pieds) de hauteur.  Tout au long du canyon, on pourrait (au conditionnel) y admirer plusieurs volatiles dont les aigrettes qui tordent leur cou gracile et peut-être les singes araignés qui se balancent au coeur de cette végétation agrippés aux parois (ce qui ne fut pas notre cas).  On y rencontre également des grottes - même que l'une d'elle a une statue de la Vierge Guadalupe - et parfois des cascades en période des pluies (mais nous ne sommes pas en saison des pluies) et le fameux Arbol de Navidad (sapin de Noël) qui n'est autre qu'une accumulation d'algues sur la paroi mais c'est tout de même original comme attraction naturelle.  Au bout du canyon si je peux dire, la rivière devient "lac" en raison d'un barrage hydro-électrique.

En auto, il y a une route panoramique avec belvédères qui doivent donner un tout autre aperçu de ce canyon.  Mais comme nos hommes conduisent camions et VR, on a privilégié la barque à moteur pour qu'ils puissent relaxer eux aussi.  Voici donc en images de quoi fut fait notre après-midi sur la rivière Grijalva...

 

Jour 88 - 25 février 2011

Enfin c'est le jour tant attendu:  San Cristobal de las Casas !  J'en ai tellement entendu parlé que j'avais hâte d'être au coeur de l'une de ces premières villes construites en Amérique continentale.  Elle est même appelée Pueblo Mágico (ville magique) par le secrétariat du tourisme. Elle fut capitale de la province du Chiapas depuis l'époque coloniale jusqu'au début de l'époque du porfiriato (dérivé de la présidence de Porfirio Diaz), ayant cédé sa place à Tuxtla. San Cristóbal est quand même considérée par beaucoup comme la capitale culturelle du Chiapas.

J'ai été quelque peu désillusionnée.  Je m'attendais à une petite ville, genre communauté rustique, très conservatrice et très très typique du "Chiapas Indigène"puisque cet état, le Chiapas, est considéré un état libre et souverain, là où les zapatistes[1] ont pris forme.  Par conséquent, à la lecture des faits historiques, je pensais voir une communauté indigène dans une ville indigène - lolll. 

C'est plutôt une ville cosmopolite dont la population approche les 200,000 habitants et qui compte en son sein une centaine d'hôtels et d'autant d'église - lolll.  Non, j'exagère mais disons que, comme dans toute ville coloniale, il y a en plus d'une !  Mais bon... c'est ma désillusion à moi qui s'attendait à autre chose ou peut-être aussi qu'à force d'en voir de ces villes coloniales, je deviens trop critique, ça ne m'évermeille plus autant qu'avant.  L'habitude du Mexique je suppose !  Quoiqu'il en soit, ça n'enlève absolument rien au charme de cette ville comme vous pourrez le constater avec les photos ci-bas.  San Cristobal est tout de même une très belle ville nichée dans la vallée de Jovel, dans les pinèdes des Hautes Terres du Chiapas et garde quand même un certain cachet colonial.  Le Zocalo, appelé ici Plaza 31 de Marzo, est bordé de boutiques nichées sous des arcades et la ville s'énorgueillit de vieilles maisons restaurées et très colorées.  C'est vraiment joli à voir.  D'ailleurs, plusieurs américains et européens ont acquis de ces maisons, se sont appropriés également de restaurants, hôtels, bars et divers commerces ce qui fait que la ville regorgent d'attraits ethniques à saveur "internationale" si je peux dire.  Par contre, cette ville est de moins en moins ancrée dans son monde indien traditionnel.  Il faut aller en dehors de San Cristobal pour y retrouver cette civilisation perdue...  même si parfois les tzotzils et tzeltals[2] des environs viennent déployer leurs tissages sur le parvis de Santo Domingo (oui oui, un autre Santo Domingo), vendre leur maigre récolte au marché municipal, défendre leurs terres à grand renfort de pétitions ou participer à un rassemblement zapatiste[1] sur le parvis de la cathédrale.  San Cristobal est très alléchante, de par sa renommée, pour le touriste de passage mais elle laisse deviner une société profondément cloisonnée où se superposent sans jamais se rencontrer l'Étranger, le Mexicain, l'Indien ou Ladino, Tzotzil ou Tzeltal[2], catholique ou évangéliste, riche ou pauvre, pour ou contre les zapatistes[1]... très gros melting-pot quoi !!!

Comme nous nous sentons un peu perdus dans cette grande ville, que je croyais petite - loll, LUI nous suggère un tour guidée de la ville en trolley.  Bon... bonne idée, on marchera moins où à tout le moins, on ira là où ça fera notre affaire par la suite puisque la ville est si grande.  Après notre randonnée en trolley, qui fut intéressante mais dont on ne peut photographier facilement, on décide de se payer un petit dîner au resto et pour faire changement je suggère une bonne pizza.  Ça nous changera de la nourriture mexicaine.  J'avais remarqué une devanture d'un restaurant qui offrait ce type de restauration, le Luigui's Pizza - lolll.  Même si la pizza avait un air mexicain - après tout on est au Mexique - et que le cook Luigui n'est nullement italien - lolll...   c'était excellent !!!  Bon, nous voilà prêts maintenant pour une petite marche. Pendant notre tour de trolley, André avait remarqué l'église de Santo Domingo - bien oui, même nom et pire... tout comme l'autre, elle est fermée - lolll.  Pas chanceux le gars !  On en profite donc pour zieuter les nombreux étals qui encombrent le parvis de l'église.  On y vend de tout mais ici nous sommes au pays de l'ambre.  De plus, comme nous avons aimé le tour guidé de mardi dernier, on se réserve un autre tour en autobus pour visiter San Juan Chamula et Zinacantan, deux villes fortement recommandées par la publicité.  Et on revient à pied par une rue pétonnière jusqu'au camion de LUI, sagement stationné dans l'une de ces belles rues du centre-ville.  Somme toute, une très belle journée à profiter de l'ambiance.

Au retour au camping Hogar, André doit aller porter son camion chez un mécano car le ventilateur ne fonctionne plus.  Et comme il utilise grandement la chauffrette pour permettre au moteur du camion de refroidir dans les grandes côtes, il est impératif que cette réparation soit faite avant notre départ d'ici.  Je n'y échapperai pas - lolll.

Le Fief Zapatiste

[1] Le 1er janvier 1994, jour de l'entrée en vigueur de l'ALENA (Accord de Libre Échange Nord-Américain), San Cristobal de las Casas et ses partenaires comme San Juan de Chamula sortent de l'ombre.  Un mouvement alors inconnu, l'EZLN (Armée Zapatiste de Libération Nationale), décide d'entrer en guerre contre le gouvernement fédéral en investissant plusieurs chefs-lieux du Chiapas.  Envahies par les rebelles au passe-montagne désormais célèvre, les villes se trouvent propulsées au devant de la scène politique internationale.  Au terme de douze jours de sanglants combats, un cessez-le-feu est signé et des pourpalers sont entrepris.  Même si un traité fut ratifié, les dirigeants gouvernementaux refutent, après coup, les ententes et signatures.  En février 2001, l'EZLN reprenait espoir, alors que démarrait le Zapatour, la caravane des zapatistes vers la capitale.  Pourtant, malgré cette marche triomphale, rien n'a vraiment été réglé.  Par conséquent, en août 2003, l'EZLN annonce que les promesses à la table des négociations n'ont pas été respectées et forme 38 « municipalités autonomes » dans la région d'Ocosingo, sur la route de Palenque, mettant en œuvre unilatéralement les accords. Refusant tout argent de l'État, les zapatistes y gèrent désormais seuls leurs propres écoles, dispensaires, tribunaux et ateliers coopératifs et perçoivent des impôts qu'ils redistribuent aux villages les plus défavorisés.  Le gouvernement utilise alors une stratégie de guerre pour répondre à l'insurrection armée, créant une unité spéciale de contre-insurrection, les Grupos Aeromóviles de Fuerzas Especiales (GAFES).   C'est alors que le gouvernement arme et forme différents groupes paramilitaires composés d'indigènes liés au parti alors au pouvoir, le PRI. Ces groupes paramilitaires se développent, agissent et tuent, avec la tolérance voir le soutien actif d'éléments des forces militaires. 

Depuis, plus ou moins régulièrement, des accrochages surviennent encore ici et là entre zapatistes et paramilitaires mais les touristes qui ne sont pas concernés par cette affaire n'ont pas grand chose à redouter si ce n'est qu'à l'occasion les zapatistes érigent un barrière eux aussi pour récolter quelques pesos supplémentaires aux besoins de leur cause.  Faut dire aussi que la guerre que se livre les cartels de la drogue a relégué la cause zapatiste au second plan de la scène internationale. 

[2] Tzotzil et/ou Tzeltal sont deux dialectes issus des langues mayas.  Environ 370,000 personnes parlent encore cette langue ergative qui ont d'ailleurs plusieurs variantes.

 

 

Jour 89 - 26 février 2011

Debout à 6h00, le déjeuner est vite pris car on doit reprendre la route avec le camion de LUI pour se rendre à nouveau à San Cristobal - faut pas oublier qu'on campe toujours au Hogar Infantil à Ocozocoautla, une trotte d'environ 115 km en montagne, soit à peu près 1h30-1h45 de route.  On a donné rendez-vous à notre guide au Chedraui de San Cristobal et comme on ne sait jamais ce qui peut arriver en route, sur une telle distance et sur une route montagneuse, on s'est gardé du temps au cas où.  Après une bonne attente d'environ 40 minutes (nous étions en avance bien sûr), nous voici donc en route pour une autre expédition.

On commence donc par San Juan Chamula qui est une commune indigène (enfin - lolll).  Elle est située à environ 10km de San Cristobal.  C'est en fait le chef-lieu des Tzotzils. (Vous vous souvenez, dans mon aparté sur les zapatistes, les Chamulas s'étaient alliés aux gens de San Cristobal).  La ville est située à 2 260 mètres au dessus du niveau de la mer, et seulement 20% des terrains de la commune sont plats, le reste étant montagneux. Alors la culture y est difficile mais ils font paître leurs chèvres dans ce qui ne peut être cultivé.  Ils habitent, pour la plupart, des maisons en adobe (brique rudimentaire mêlée de paille et séchée au soleil) quoique de plus en plus, les nouveaux propriétaires commencent à utiliser les blocs de ciment.  C'est peut-être plus pratique pour la solidité et la pluie (car les maisons d'adobe ont des toits en chaume ou en paille) mais ils y perdent en propriétés isolantes et acoustiques.  Les maisons en adobe respirent mieux et sont donc moins humides et chose surprenante, selon le guide - quoique j'en doute - elles résisteraient mieux aux secousses sismiques car plus maléables.

Un petit peu d'histoire... car la ville est importante dans la bataille que ces indigènes mènent contre les gouvernements mais aussi contre l'inquisition religieuse.  Avant l'arrivée des espagnols, Chamula était un important centre de population tzotzil.  La commune a été conquise et anéantie par le capitaine Luis Marín en 1524.  Le 7 juillet 1837 le département du Chiapas est divisé en 5 district, Chamula étant rattaché à celui de San Cristobal de las Casas. En 1869, le soulèvement indigène connu sous le nom de guerre des castes fut dirigé par le chamula Pedro Díaz Cuscat.  Un décret postérieur à la rébellion, signé par le gouverneur Pantaleón Domínguez, condamne les chamulas au travail forcé dans les grandes propriétés.  En 1912, une nouvelle rébellion éclate, menée par Jacinto Pérez Pajarito.  Le 4 juillet 1925, par décret du général Carlos A. Vidal, Chamula devient ville.  Et avec les années, comme je l'ai expliqué dans mon aparté, cette communauté est devenue indépendante faisant fi des règlements et des procédures gouvernementaux.  Comme on dirait ici... assez c'est assez - lolll.

La ville s'auto-gère.  Bien sûr, ils ont mis en place un système électoral municipal, un service de sécurité (à l'image des zapatistes d'ailleurs) mais ils conservent et gèrent ce qui fait vivre cette communauté.  En plus, fidèle à leurs traditions indigènes, ils vivent encore (pour la plupart du moins) comme autrefois mais ça ne saurait tardé à évoluer avec la jeune génération qui viennent de se brancher à l'internet.  Dommage ?  Peut-être pour nous touristes mais à vrai dire, qui aimerait vivre comme il y a 100 ans ? 

Ils ont également chassé tous les prêtes de la place - lolll.  En effet, fidèles aux coutumes de leurs ancêtres mayas, les villageois croient davantage aux pouvoirs de leurs chamans qu'à ceux des évêques ou tout autre dirigeant ecclésiastique. 

Belle et surprenante particularité:  l'Église de San Juan Bautista ! (de St-Jean-Baptiste(il faut payer pour y entrer et vous aller comprendre pourquoi en lisant ce qui suit)
On se croirait dans un autre monde (et c'est le cas je pense), l'ambiance est irréelle !

Il n'y a pas de bancs pour prier dans cette église. Et comme je disais tantôt, pas de prêtre non plus. Ce dernier est autorisé à venir y mettre les pieds qu'une fois l'an, le 24 juin, pour baptiser les enfants - loll.   Il n'y a pas non plus de  statue du Christ puisque le saint vénéré ici, avec beaucoup de ferveur d'ailleurs, c'est St-Jean-Baptiste lequel occupe la place d'honneur sur le retable du maître-autel.  La nef, vidée de ses bancs, est remplie d'aiguilles de pin fraîches destinées à absorber les mauvaises ondes (non non pas les odeurs mais bien les ondes négatives).  Elles jonchent le sol et enveloppent l'air d'une délicieuse odeur qui se mêle à l'encens.  Des bougies et lampions de toutes sortes, plantées à même le sol, éclairent (ben oui, elles sont allumées sur les aiguilles de pin - eh bomberos ! - lolll) ici et là les petits groupes de fidèles qui sont soit assis, soit à genoux en prière.  On y vient seul ou en famille, on apporte bouffe (du poulet ou des oeufs) et liqueurs (surtout du Coke -qu'il est essentiel de roter - oui oui) pour soi et pour les guérisseurs qui exercent quotidiennement leur fonctions chamaniques. On exhorte son dieu ou son saint à guérir tel ou tel autre qui est couché sur le plancher et dont on oint la tête ou le corps (selon le problème) du malade.  On fait une instrospection, traitement de l'esprit et de sa conscience, grâce aux miroirs pendus au cou des statues de saints.  D'autres psalmodient d'ancestrales litanies, incitant ces mêmes saints et des esprits bienfaisants à apporter la paix, le pardon et le soulagement de son âme. Toutes les fêtes, qu'elles soient religieuses ou pas sont les prétextes privilégiés du syncrétisme.  C'est complètement désarmant et charmant en même temps !

Dans ce temple, comme il n'y a pas de prêtres, il n'y a pas non plus, comme nous, des marguilliers mais il y a quand même un "conseil de fabrique"...   Je vous explique...  les hommes sont en charge des célébrations et il y a une gradation à respecter:  ils sont : martomoetik, alperesetik et moletik. Les deux premiers sont des mots empruntés à l'espagnol mayordomos (majordome) et alférez (sous-lieutenant).   Ils doivent payer tout ce qui est nécessaire afin de célébrer le culte. Ces trois types de cargos (frais) sont également institué en hiérarchie. Les titres et paiements constituent en fait une échelle ascendante vers l'au-delà.  On ne peut jamais devenir un moletik si on n'a pas franchi l'étape du martomo tout d'abord, puis un alperes. Ces titres et responsabilités sont seulement pour les hommes, bien que leurs épouses ont un rôle important dans les frais de leur mari.  Il y a 12 martometik, 12 alperesetik et 6 moletik et ils sont choisis par les habitants à chaque année.  Chacun a un festin différent qui lui est confiée au cours de l'année, bien que chacun d'eux peut aider tout au long de l'année.  Par contre, les martomoetik sont responsables d'acheter tout ce qui est nécessaire pour l'intérieur de l'église (fleurs, bougies, feuilles de pin, etc.).  Les alperesetik sont ceux qui achètent et préparent tout le nécessaire pour l'extérieur de l'Église (banderoles, fleurs, feux d'artifice, kameró (sorte de bombe ou explosifs).  Les moletik, quant à eux, sont les anciens qui sont en charge de l'enseignent aux jeunes qui veulent joindre ces rangs.

Malheureusement, il nous est défendu de photographier l'intérieur de l'église.  Il y a même des gardiens parfois qui surveillent et qui risquent de nous talonner avec un petit bâton pour nous rappeller à l'ordre - lolll.   Par contre, si vous voulez vraiment voir de quoi il s'agit, j'ai retracé sur le web une très belle photo de Reynald Schmid représentative de ce que je vous explique mais photo prise à l'église Santo Tomas Chichicastenango au Guatemala en décembre dernier.  La photo est protégée par licence mais vous pouvez la visionner ICI.

En plus, le dimanche, tous les habitants des alentours descendent "en ville" et se retrouvent tous au mercado qui se fait sur le parvis de l'église.  Mais nous sommes samedi et nous ignorions cette particularité.  Quel dommage... on n'a pas le bon timing !  Ben, j'ai scanné ma carte postale - pas fameux - mais ça vous donne une idée.  J'imagine qu'en tapant "San Juan de Chamula" sur Google et en demandant "images", vous allez trouver beaucoup mieux par des gens qui y ont assistés - snif snif snif...

Il faut aussi comprendre que les caméras étaient utilisées seulement quand le guide nous le permettait car les habitants ont encore la croyance qu'on leur vole leur âme en les photographiant.  Alors respect des traditions obligent... mais avec permission et photographies prises de loin (d'où la mauvaise qualité de la prise de vue) j'ai pu photographier les vendeuses sur le parvis et un "agent de sécurité" novice.  Ils sont habillés d'une peau de mouton (j'imagine - pas eu la chance de vérifier) et le guide m'instruit à l'effet que ceux habillés en blanc sont les "novices" et que ceux en noirs sont plus haut gradés.  En plus, selon s'ils portent manches courtes ou longues, ça veut également dire qu'ils ont un rang différent.

 

Autre petite particularité du village, le cimetière:  véritable jardin de croix en bois blanches, vertes, bleues et noires, parmi lesquelles paissent les moutons - loll.  Les Tzotzils vouent un culte aux croix qu'ils associent, non pas au Christ, mais à l'arbre de vie des anciens mayas.  D'ailleurs, il y a plusieurs "croix mayas" d'installées dans ce village et ces croix ont une signification tout autre de la nôtre (j'y reviendrai).  Voyons voir en images ce que ça donne...

Oh faut que je vous raconte...  Comme on est assis, tous les 4, à un café pour prendre un verre, une jeune fille d'environ une dizaine d'année veut me vendre quelque chose que je refuse.  Mais elle reste à nos côtés et commence à essayer de nous jaser (bien gros mot pour le peu qu'on peu comprendre, mais bon), 2 autres jeunes filles se joignent à elle. Comme LUI venait de donner son Cola à une dame qui le lui a gentiment demandé, les petites filles veulent aussi une liqueur.  Je dis que je ne veux pas en acheter 3 ou 4 mais que je peux en acheter une et qu'elles pourraient partager.  C'est que si tu donne à une, tu peux t'attendre à voir une meute arriver.  Une fois à l'intérieur, la plus vieille se dirige au frigo.  Elle a compris que j'en payais qu'une seule cannette de Coke.  Alors, vive comme un éclair, elle achète une grosse bouteille d'eau me disant que c'était quand même moins cher que 2 Cola.  Je n'ai pas pu m'empêcher d'en rire et comme c'était de l'eau, j'ai acheté la grosse bouteille qu'elles ont pu finalement partager.  Super cute !

Une autre... devant le parvis de Santo Domingo, je fouinais ici et là et j'attendais aussi que mon homme finisse ses photos.  Une enfant s'approche en voulant me vendre un porte-clé à l'effigie des zapatistes.  Je refuse.  Elle retourne auprès de sa mère qui elle vend autre chose.  Comme mon homme ne revient pas et que j'attends toujours, l'enfant revient et là elle se colle à moi en me frottant le bras doucement et en disant mielleusement et en étirant le dernier mot "10 pesos pleeease".  Je refuse et elle s'acharne placidement.  Ben la p'tite torrieuse (loll), belle comme un coeur à part de ça, m'a charmée et j'ai acheté 2 porte-clés pour son "10 pesos pleeease".  J'ai un zapatiste noir et un blanc... tiens je vais les envoyer à ma fille, la défenderesse des causes perdues et amante de liberté - lolll.

Au tour maintenant de Zinacantan, autre ville du même genre mais plus petite avec ses 30,000 habitants comparativement à sa grande soeur avec ses 60,000.  Faut dire que ça parait gros comme nombre mais les habitants sont dispersés tout autour en montagne et sur le bord des rivières.   Zinacantan veut dire chauve-souris en Nahuatl - loll.  Cette communauté m'a légèrement déçue probablement que la première était plus représentative de ce que je cherchais au Chiapas.  Mais bon, ce n'est que mon opinion.  De plus, le guide s'est attardé longuement à la première avec toutes les explications qui s'imposent et très peu sur la deuxième se contentant de nous faire visiter une fabrique d'artisanat local.  Ici, à Zinacantan les femmes fabriquent des vêtements traditionnels: ponchos, huipils (robe traditionnelle maya) et châles.  De couleur rouge et rose (normalement), les huipils sont ornés de fleurs brodées.  Zinacatan est d'ailleurs spécialisé dans la culture des fleurs sous serres, arums, oeillets, roses, chrysanthèmes sont envoyés aux quatres coins du pays et vendus en d'odorants bouquets lors du marché dominical sur le parvis de l'église.  Ici, l'église San Lorenzo est blanchie à la chaux et est beaucoup moins spectaculaire que celle de San Juan Chamula. 

À cette fabrique familiale, on a eu droit à une dégustation de tortillas-maison à la farine de maïs cuite sur une plaque métallique (comal) enfarinée de chaux et cuite sur feu de bois - pourquoi la chaux ? pour empêcher que ça colle évidemment mais aussi pour fournir le calcium nécessaire aux habitants car il n'ont pas de produits laitiers provenant de vaches mais seulement le lait des chèvres.  Cette tortilla est garnie de frioles negros (fèves noires), de fromage de chèvre et de salsa (facultatif car épicée) accompagné d'un petit verre de posh (alcool local fabriqué à partir de la canne à sucre).  De plus, pour l'oeil touristique, on a eu droit à une démonstration d'habits cérémoniaux pour monsieur et madame les mariés.  Madame porte justement la robe huipil.

Petit cours de cuisine... Pour fabriquer la pâte qui va servir aux tortillas, on utilise des grains de maïs ixtamalisés.  Jaune le plus souvent mais aussi rouge, noir et blanc, c'est l'amidon corné qui donne sa couleur aux grains. Cette préparation consiste à cuire le maïs dans de l'eau de chaux bouillante pendant environ trois heures, pour décoller la cuticule du grain. Après ce traitement, le maïs est appelé nixtamal, d'où l'expression nixtamalisés.  Il est ensuite lavé à grande eau puis broyé dans un metate (meule: vous en voyez 2 sur l'étagère à l'arrière de la dame qui s'est penchée trop vite quand j'ai pris ma photo - loll).  Maintenant, on utilise un moulin manuel similaire à celui qu'on utilise pour hacher de la viande. De l'eau est ajoutée à la préparation jusqu'à obtenir une pâte ferme et malléable.  Cette pâte est ensuite travaillée pour former plusieurs boules. Ces boules sont alors aplaties pour former des disques d'environ 20 cm de diamètre. Traditionnellement, cette opération d'étalement est réalisée avec des mouvements d'écrasement de la paume de la main qu'on appelle palmoteo ; dans les zones tropicales, on met la boule de pâte entre deux feuilles de bananier avant de l'écraser contre une surface dure et lisse. Cette technique a donné ensuite naissance à la presse à tortillas, constituée de deux disques de métal ou de bois d'environ 20 cm, qui permettent de former mécaniquement les tortillas avec rapidité et uniformité. Ce processus est automatisé dans les « tortillerías » ou « molinos », sortes de boulangeries spécialisées dans la préparation quotidienne des tortillas, où elles sont vendues au kilogramme.  Les tortillas sont ensuite cuites sur une plaque chauffée. Elles étaient traditionnellement en céramique, mais les comales sont aujourd'hui majoritairement métalliques, en aluminium ou en acier, similaires à une crêpière. Le comal est chauffé généralement au gaz ou, plus traditionnellement, au feu de bois.  Les tortillas sont retournées deux à trois fois pendant la cuisson, et sont retirées de la plaque lorsque l'eau de la pâte, en s'évaporant, a fait gonfler la tortilla.

Bon... revenons à nos villes...  Faut dire que les deux municipalités ont les mêmes habitudes de vie et le guide a pensé qu'il était probablement inutile de répéter.  Nous avions cependant un excellent guide Tzotzil qui parlait 5 langues.  Les deux places étant tout de même similaires, c'est sans doute pour ça que la deuxième visite m'a moins intéressée d'autant plus que je commençais à être pas mal fatiguée.  De plus, on a eu droit à une belle ondée durant notre visite à la fabrique (d'où les gouttes d'eau dans la caméra) ce qui fait qu'au retour, on "nageait" dans les rues - lolll.

   

Au retour de ce tour guidé, l'autobus nous laisse au Chedraui où André va négocier un arrêt-dodo pour le lendemain.  Le problème, c'est que nous devons repasser par là pour nous rendre à Palenque.  Mais le voyage serait beaucoup trop long de Ocozocoautla jusqu'à Palenque si on devait le faire d'une traite (environ 350 km en pleine montagne).  On a eu notre quota - lolll.  Alors en coupant "en deux" le trajet, on va ménager et nos machines et nos p'tits coeurs et sauvegarder la paix dans nos couples - lolll.  Le gérant accepte gentiment que nous stationnions une nuit puisque demain sera dimanche.  Super !  De retour au VR au Hogar Infantil André retourne chercher son camion "en ville".  Réparation faite = petite facture = tout l'monde est content.

 

Jour 90 - 27 février 2011

En ce dimanche matin, le camion de LUI refuse de démarrer.  Il tente de booster sa batterie avec sa génératrice mais c'est trop long.  Alors on sort les cables...  Une heure plus tard, on peut reprendre la route.  Nous revoilà repartis pour le Chedraui de San Cristobal mais avec nos VR où nous passerons qu'une nuit pour nous permettre d'atteindre Palenque le lendemain. 

Alors qu'on se dirige vers notre montée de la Mesa Central de Chiapas, le camion de LUI "ne prend pas son gaz" d'après lui.  Inutile de risquer de monter dans ces conditions.  Comme nous ne sommes pas loin de Tuxtla, nous allons en ville, avec nos VR, pour chercher un mécano.  Mais il est à peine 9h00 et c'est dimanche.  Si c'est facile de conduire un dimanche matin si tôt avec nos gros véhicules, le repérage d'un mécano relève du miracle...    On oublie ça !!!  Par conséquent, André suggère de retourner au camping Hogar, de relaxer et demain, lundi, de chercher un mécano dans le coin (celui qui a réparé son ventilateur par exemple) et de remettre à 1 jour ou 2 notre voyage pour Palenque.  Mais... comme c'est dimanche... on devait avoir un petit jésus qui nous surveillait.  Juste après avoir enfilé nos machines dans la rue menant au camping, j'aperçois une porte entr'ouverte par laquelle je vois un type penché sous le capot d'un autobus.  J'en avise André, qui avise LUI et on s'arrête quelques pieds plus loin.  André va donc tenter de dialoguer avec ce mécano (si s'en est un) qui semble déjà au travail.  Et effectivement, il viendra voir de quoi il retourne.  LUI pense que c'est son filtre qui est encrassé. Comme il en a un en réserve, nos trois bons samaritains installent le nouveau filtre mais non sans peine car il a fallu défaire la batterie et, comme c'est souvent le cas au Mexique, on n'a pas toujours les bons outils.  Mais c'est fait... on peut donc reprendre la route.

Alors on se met à grimper...  on monte de plus de 2,000 mètres (6,562 pieds) sur 45 km et ce, sans arrêt... la route n'est qu'une longue longue éminence.  Inutile de vous dire que notre camion s'est remis à chauffer malgré le chauffage au boutte (avec une température extérieure frisant déjà les 33 degrés - car on est plus tard que prévu) et on doit donc s'arrêter. Après une quarantaine de minutes, nous revoilà en route pour notre Chedraui. On en profite pour aller faire le plein d'épicerie, retour au VR pour nous, souper et dodo tandis que LUI et ELLE vont manger "chinois" et retourne au petit centre commercial du Chedraui.  Demain:  Palenque...  une autre de mes attentes. 

 

Jour 91 - 28 février 2011

Nous sommes toujours au Chedraui et le camion de LUI ne part pas.  Ben là, c'est la batterie carrément qui fait défaut.  Il re-boost avec sa génératrice.  Heureusement, même en partant 30 minutes plus tard, on n'a pas trop long à faire aujourd'hui.  Seulement 210 km mais comme de raison, encore en montagne mais aux abords de Palenque on devrait plutôt se mettre à descendre.  Bon... là ce sont les freins qu'on devra surveiller - lolll. 

En route, on s'arrête à nouveau, question de faire refroidir moteur et freins.  Heureusement, il y a un mirador pas trop loin.  Comme on a sûrement une heure à perdre, aussi bien aller manger.  Et "par hasard" un comidor (de comer qui veut dire manger, donc un resto) nous attend à ce mirador.  On s'installe et on veut le menu.  Pas de menu.  La jeune fille nous débite en espagnol ce qu'elle a mais on ne comprend pas (André est dehors à s'occuper de son camion).  Je vois passer un "bol de soupe" et je demande ce que c'est.  Elle me répond du pozole.  Qué es ¿ (c'est quoi - remarquez le point d'interrogation en envers, ben oui, c'est comme ça en espagnol).  Elle me l'explique mais je ne comprends pas plus.  Comme ça sent bon, allons-y pour un pozole, on verra après - lolll.  C'était délicieux à tel point que LUI s'en commande une assiette.  En fait, le pozole est une sorte de potée ou de ragoût mexicain.  On y met du maïs cacahuazintle (un maïs blanc dont les très gros grains ont la particularité de s'ouvrir en corolle à la cuisson - d'ailleurs ce maïs est cuit dans de l'eau de chaux), de la viande effilochée (porc et/ou poulet avec les os pour améliorer le goût), de l'ail, de l'origan, du chili rouge sec et moulu.  Parfois on ajoute du panela (sorte de mélasse dérivée de la canne à sucre) et du chicharrón (peau de porc cuite) et bien d'autres ingrédients que peut-être il est mieux que je ne sache pas - lolll.  On assaisonne le tout d'ingrédients variés, selon nos goûts, que la demoiselle met devant soi:  oignons en petits cubes, laitue finement coupée, de l'avocat, du piment en poudre, du fromage, des radis.

On reprend la route et nous voilà au Maya Bell Trailer Park dans le Parc National de Palenque.  On prend le reste de la journée relax et demain on ira voir les ruines mayas.  Vous n'allez pas manquer ça...  vous le regretteriez car c’est l’un des sites les plus impressionnants de cette culture.  Je vous donne donc rendez-vous à mon très spécial camping.  Maintenant vous savez quoi faire... allez-y alors....

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