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Jour 84 - 21 février 2011

Comme l'ajusteur d'assurances doit venir ce matin et qu'on doit attendre, nos hommes décident de se trouver un atelier de mécanique pour faire faire le changement d'huile sur les deux camions.  Vers 9h00 l'agent de la compagnie d'assurances se présente mais oh surprise... il ne parle que l'espagnol même si on est dans une grande ville.  Donc, on appelle André à la rescousse et il devra mettre en pratique ce qu'il a appris - lolll.  Deuxième surprise... les numéros d'enregistrements des véhicules (camion et VR) ne correspondent pas tout à fait à ceux inscrits sur le papier d'assurance de LUI.  Pour l'un, un chiffre est erroné tandis que dans l'autre il en manque. Disons que ça complique les négociations et on doit attendre l'appel du bureau-chef pour vérifier ça.  On en profite nous aussi pour regarder notre police d'assurances versus nos enregistrements et nous aussi il y a une lettre manquante dans la série de chiffres et lettres de l'enregistrement du camion.  La roulotte c'est correct.  Tiens... une autre bonne chose à savoir et à prévoir... toujours vérifier nos polices d'assurances avant le départ !!!

Le mécano se présente à son tour et il dit qu'il viendra sur place au terrain de camping faire les vidanges d'huile un peu plus tard.  Donc, l'avant-midi se passe à attendre ces deux messieurs.  On prépare donc notre dîner et on sortira après.  Pour aujourd'hui, on se contentera d'aller faire un tour au centre-ville d'Oaxaca (prononcez "ouaraca" ou "wa-hah-ka" selon si on prononce toutes les lettres ou pas, en fonction des différents dialectes espagnols). 

En fait, le nom complet de la ville est Oaxaca de Juarez et c'est la capitale de l'état d'Oaxaca. Le point le plus haut de cet état se situe au Cerro Nube "pic de nuages " (un mont dans la Sierra Madre del Sur) à la hauteur de Miahuatlan de Porfirio Diag (vous vous souvenez, là où André a changé le pneu éclaté) et est le onzième sommet le plus haut de tout le Mexique.  Il atteint 3720 mètres ou si vous préférez 12,205 pieds. Et dire qu'on a grimpé ça avec nos machines - lolll.  L'état occupe une superficie de 95,364 km carrés (soit trois fois la Belgique - pour mon amie Jeanne qui me lit présentement) et constitue le cinquième plus grand État du pays. Mais la richesse des sites archéologiques, la beauté de ses villes et villages coloniaux et la grandeur de leurs marchés ne doit pas faire oublier que l'État de Oaxaca, peu industrialisé, figure parmi les plus pauvres du pays.  L'exode rural y est alarmant.  Mais c'est aussi l'un des États les plus riches sur le plan ethnique.  Ses 16 communautés indiennes représentent 40% du total de sa population. On parle de l'état ici...  ne pas confondre avec la ville du même nom.

Donc, quant à la ville, elle s'étend au fond d'une immense vallée cernée de montagnes qu'on nomme affectueusement "la cité de jade".  Comme je disais auparant, ces montagnes sont au coeur même de la Sierra Madre del Sur.   La ville se situe à 1500 mètres (4920 pieds) et a une population d'environ 263,000 habitants.  Son emplacement privilégié au centre du Mexique, à la croisée des grandes civilisations méso-américaines, a contribué à son extraordinaire rayonnement culturel.  Les Espagnols y ont édifié de somptueuses demeures coloniales, de grandes haciendas (exploitations agricoles), près d'une trentaine d'églises, chefs-d'oeuvre du baroque, parées de la célèbre cantera verde, une pierre aux subtils tons gris-vert. 

Je vous fais grâce de l'histoire d'Oaxaca, ancien fief des civilisations zapotèque et mixtèque, puisque vous pourrez en lire beaucoup plus sur le net si cette portion vous intéresse.  Quant à nous, on décide de se rendre à pied dans ce Centro et c'est une bonne marche relativement rapide de plus de 30 minutes.  Une fois sur place, on déambule plus lentement ici et là au travers ces rues et même qu'on tourne en rond pour trouver le populaire Mercado 20 de noviembre.  Déception que ce mercado mais possiblement à cause des trop nombreux mercados visités à date.  Il est immense, super encombré et les kiosques vendent "américain".  Ce qui nous désole le plus c'est l'absence d'articles "indiens".  De plus, interdiction de prendre des photos (bizarre tout de même).   Qu'à cela ne tienne, on va aller visiter le Couvent/Église et Bibliothèque/Musée Santo Domingo.  Michelin nous dit et je cite:  "derrière un jardin de cactus, rappelant la pierre verte de Oaxaca, s'élève l'ensemble architectural religieux le plus fascinant de la ville, un chef-d'oeuvre du baroque mexicain.  Commencé en 1575, le complexe dominicain fut achevé ver la fin du 17e siècle, hormis la chapelle du Rosaire ajoutée un siècle plus tard.  La façade de l'église représente Saint Hippolyte et Saint Dominique, le fondateur, soutenant une église sur laquelle descend le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe.  L'intérieur offre une vision éblouissante, presque vertigineuse.  À l'entrée, la voûte est recouverte d'un arbre généalogique de stuc doré et décoré de peintures polychromes.  Les peintures polychromes et les ors de la nef, où alternent les plafonds à caissons, les stucs et les médaillons, vous conduiront jusqu'au retable du maître-autel, qui illumine l'ensemble de mille feux.  À droite de la nef, la Capilla del Rosario fait écho à la voûte de l'entrée avec sa statue de la Vierge apparaîssant au coeur de ramifications."  À nous faire rêver !  Selon mon CAA Tour Book, on y conseille de la visiter en après-midi car le soleil transperse les vitraux et éclairent l'intérieur d'une irisation d'or.  Mais en ce lundi 21 février 2011, elle est fermée.  Malgré l'offre d'une propina ($) à la portière, il nous est impossible d'y entrer.  Donc, il vous reste, comme nous, à admirer la dite façade - lolll 

On va donc se rabattre sur la cathédrale au coeur du Zocalo. Cette dernière est caractérisée par sa silhouette trapue, la construction ayant débuté en 1535 et achevée qu'au 18e siècle en raison d'une série de tremblements de terre.  Cette cathédrale est flanquée de deux épais clochers et sa belle façade baroque présente une profusion de motifs végétaux et de bas-reliefs. À l'intérieur, que nous n'avons pu photographier en raison d'un service religieux en cours, on peut admirer les stalles du choeur, l'orgue imposant et une collection de peintures du 19e siècle.  Pour vous consoler, j'vais en profiter pour vous ajouter 5 photos de la ville... j'aurai probablement l'occasion de vous montrer d'autres intérieurs d'église que mon mari s'est évertué à photographier.

Tout en déambulant dans la ville, LUI s'accroche les pieds à un kiosque touristique où on nous offre de visiter 3 autres vallées en dehors de la ville d'Oaxaca.  Après informations et négociations, on réserve cette sortie guidée pour nous quatre, pour demain.  Épuisés mais quand même satisfaits malgré les petites déceptions, nous revenons à notre camping en autobus.

 

Jour 85 - 22 février 2011

Ce matin, on commence par aller porter le camion de LUI au garage pour le pneu éclaté et c'est en taxi, du garage, que nous retournons au centre-ville d'Oxaca pour prendre notre tour guidé.  Le départ est à 10 heures et nous avons 5 places à faire:  Santa Maria El Tule, Teotitlan del Valle, une fabrique de Mezcal à Zapoteca, Mitla et Hierve El Agua.  Malheureusement, Monte Alban n'est pas dans l'itinéraire car il est sur la route opposée du trajet que nous allons faire.  Comme nous arrivons un gros 30-40 minutes d'avance car on ignorait combien de temps on aurait à attendre au garage et le temps que le taxi prendrait pour se rendre au centre-ville, André en profite pour retourner à l'Église Santo Domingo... encore fermée.  Elle n'ouvrait qu'à 10 heures mosus.

Commençons par Santa Maria El Tule...  en fait, ce n'est pas la petite municipalité qu'on vient voir mais son arbre.  Il est situé en face de l'église et est clôturé pour le protéger, en plus d'avoir un gardien à la porte qui naturellement demande un petit frais d'entrée.  Il s'agirait d'un cyprès de Montézuma (Taxodium mucronatum) appelé Ahuehuete en langue Nahuatl.  Il mesure 41 mètres (134,5 pieds) de haut et a une circonférence de 36 mètres (118 pieds).  Son diamètre, mesuré à 1,5 mètre (5 pieds) de hauteur, ferait 14,4 mètres (47,2 pieds).  Éloquent n'est-ce pas !  Son âge précis est inconnu mais les estimations vont de 1200 à 3000 ans... assez large comme estimé mais bon, ça vous donne une idée de la raison pour laquelle on le protège si bien.  Il doit bien être l'arbre le plus vieux de la terre - lolll.  Une légende Zapotèque locale prétent qu'il a été planté il y a environ 1400 ans par Pechocha, un prêtre d'Ehecatl, le dieu du vent des Aztèques et le fait qu'il se trouve sur un site sacré (occupé maintenant par une église catholique) tendrait à renforcer cette légende.  L'arbre est maintenant surnommé l'ARBRE DE LA VIE et pour cause si on considère son vénérable grand âge mais aussi en raison de toutes les représentations d'animaux qui sont censées être visibles sur son tronc noueux (animaux que je n'ai pas vu cependant).  Les populations indiennes vénèrent encore le caractère sacré de l'arbre de Tule.

   

 

Vient ensuite, un peu plus loin sur la route, Teotitlan del Valle et ses boutiques d'artisanat de laine.  C'est l'une des plus anciennes localités zapotèques de l'État de Oaxaca mais à vrai dire, on n'y a pas vu grand chose.  De plus, il est tôt et les boutiques sont fermée sauf celle où le guide nous amène.  Il s'agit d'une fabrique de tapis en laine aux teintures appliquées de façon naturelle avec des herbes et autres produits du genre.  Le tissage se fait entièrement à la main:  du cardage de la laine en passant par le filage au rouet, l'application des teintures naturelles pour ensuite terminer avec le métier à tisser artisanal.  Les motifs des tapis s'inspirent de la mythologie zapotèque et du style de Mitla mais les tisserands reproduisent aussi des oeuvres d'artistes.  Pas laid du tout mais pas très pratique pour le lavage des tapis - lolll.  Je vois plutôt ces tapis comme ornement sur un mur plutôt que sur le plancher.  Les sarapes (sorte de poncho) que cette localité produisent seront pour une autre fois ! 

 

 

À la croisée des chemins, à Zapoteca, on s'arrête à la fabrique de Mezcal.  Là encore, une fabrique artisanale comme on en retrouve partout au Mexique.  Le Mezcal ou Mescal en langue Nahuatl signifie "maguey cuit" .  Il s'agit d'une boisson alcoolisée élaborée à partir de l'agave falcata espadina.  En fait, c'est comme la Tequila qui elle provient de l'agave tequilana ou agave bleu si vous préférez et dont le nom est enregistré. Pour obtenir l'appellation "tequila" la boisson doit être principalement produite dans l'État de Jalisco (mais d'autres états se sont joints à cette appellation par la suite).    Quant au Mezcal, c'est en 1995 que fut créé l'appellation d'origine "Mezcal d'Oaxaca".  Toutefois la législation tolère aussi la production de mezcal dans d'autres états.  Mais à ce moment là, l'appellation est modifiée en "Origines Officielles" et l'étiquette porte la mention du lieu de mise en bouteille.  Tout comme la Tequila et plusieurs autres produits alcoolisés, il y a plusieurs catégories selon l'âge, le mode de fabrication et le mode de fermentation. 

Les agaves ou maguey doivent mûrir pendant 6 à 12 ans avant la récolte.  Les feuilles acérées (pencas) sont élaguées par le cultivateur d'agave (jimador) à l'aide d'un outil tranchant (coa) pour ne garder que le coeur (piñas).  Ce "coeur" qu'est la piña ressemble à un ananas géant de 30 à 60 kg.  Ces piñas sont cuites dans des fosses coniques (palenques) de 2 à 3 mètres de diamètre creusées dans le sol et dont les parois sont recouvertes de pierres chaudes, de feuilles d'agave, de tapis de fibre de palme (petate) et de terre.  La cuisson à la vapeur, qui dure entre 24 et 50 heures à une température d'environ 55°C, permet de transformer les amidons contenus naturellement dans la plante en sucres qui après fermentation donneront l'alcool.  Ce mode de cuisson permet également à la boisson de s'imprégner des saveurs de la terre et de la fumée.  Bien sûr, le Mezcal et la Tequila vendus dans nos sociétés d'alcool sont maintenant produite commercialement et on utilise des autoclaves industrielles. Après la cuisson, traditionnellement toujours, la piña est refroidie et repose jusqu'à une semaine.  Puis elle est moulue pour en extraire la pulpe.  Cette dernière opération est effectuée dans un pressoir ou sur un disque de pierre ou de béton sur lequel tourne une roue de pierre.  On utilise souvent l'âne ou le cheval pour faire fonctionner ce mécanisme.  La purée ainsi obtenue (tepache) est additionnée de 5 à 10% d'eau, placée dans de grandes cuves où les sucres vont être transformés en alcool par fermentation sous l'action de ses propres levures.  Cette fermentation naturelle dure de 1 à 4 semaines en fonction de la température extérieure.  Par contre, certains producteurs ajoutent du sucre de canne ou de maïs pour accélérer la fermentation et la réduire à 2 à 4 jours seulement.  Le jus (mosto) ainsi fermenté est ensuite distillé 1 ou par 2 fois dans un alambic en acier inoxydable ou de cuivre.  Le résultat de la première distillation, une fois les fibres enlevées, est appelé ordinario et titre entre 20° et 30° Vol.  Par la suite, certains la replace à nouveau dans l'alambic pour une deuxième distillation qui fera monter le degré d'alcool jusqu'à 55° Vol. Parfois, de l'eau est ajoutée pour réduire le degré à 40° mais à ce moment là on l'appelle mixtos.

Un remède miracle si l'on en croit les étiquettes des bouteilles vantant ses vertus aphrodisiaques d'où le dicton mexicain "Para todo mal, mezcal... Para todo bien tembién !"  (si ça va mal, du mezcal, et si ça va bien du mezcal aussi). Certains producteurs de mezcal ajoutent une chenille (gusano), la hypopta agavis ou plus communément appelé chilocuil, chinicuil ou tecol, mots provenant du Nahuatl.  Il s'agit d'un parasite de l'agave dont les larves se nourrissent des feuilles succulentes du maguey.  Dans les bouteilles on distingue deux types de gusano, le blanc qui niche dans les feuilles et le rouge dans les racines.  Selon certaines croyances mexicaines, la dégustation de ce ver donnerait pouvoir et virilité. Selon d'autres légendes le gusano hériterait de l'esprit de la plante et le transmettrait à celui qui le mange.

Voilà pour le cours de cultivateur/producteur/sommelier - lolll.  Continuons notre visite vers Mitla et son site archéologique puisque nous ne pourrons pas visiter Monte Alban.  Il faut tout de même choisir ses priorités, en rapport avec le temps que nous avons car on a d'autres sites archéologiques à voir tout au long de notre périple. Mais c'est dommage !

Mitla était une cité précolombienne du Mexique occupée par les Zapotèques et les Mixtèque.  Son nom lui vient de «Mictlan» chez les Aztèques, qui signifie «lieu des morts» en Nahuatl.  Les Zapotèques quant à eux l'on appelé «Lyobaa», ce qui signifie «lieu du repos».  Le site est relativement petit cependant. Il est composé de cinq groupes architecturaux : le Groupe des Colonnes, le Groupe de l'Église ou de la cure, le Groupe de l'Adobe, le Groupe de l'Arroyo et le Groupe du sud. Le plus connu est le Groupe des Colonnes. Il doit son nom aux six colonnes monolithiques qui supportaient jadis le toit de l'Édifice des Colonnes. Ce bâtiment donne accès au «patio des grecques», entouré de quatre salles longues et étroites (2,50 m) qui doit son nom à la superbe décoration qui a rendu le site célèbre. Deux autres quadrilatères complètent l'ensemble.  Son architecture est caractérisée par des frises géométriques constituées de pierres façonnées et assemblées avec une grande précision (près de 100.000 pour le seul Patio des Grecques). Le tuf volcanique local était particulièrement approprié à ce travail minutieux. Selon certains, ces mosaïques pourraient symboliser l'image du Serpent à Plumes. D'autres sont plutôt d'avis que ces motifs indentifieraient des lignages. Un travail de restauration a débuté il y a quelques années. Depuis un accès sous terre, on peut voir dans le deuxième quadrilatère deux tombes, dont l'une abrite la «colonne de la vie». La légende voudrait qu'en l'enserrant de ses bras, on puisse savoir combien d'années il nous reste à vivre.  (j'aime mieux pas savoir - lolll).  Au Nord se trouve le Groupe de l'Église ou de la Cure, qui doit son nom à une église d'époque coloniale. Très semblable au Groupe des Colonnes, il est en moins bon état de conservation. Il y subsiste des peintures dont le style rappelle celui des codex mixtèques. Une clôture de cactus cierge sépare l'Eglise des ruines de Mitla et un marché artisanal est tenu par des locaux sur l'emplacement du site comme partout ailleurs quand il y a des touristes.  À Mitla, la superposition, voir le télescopage des civilisations s'incarne dans les dômes rouges de l'église de San Pablo Apostol coiffant victorieusement les palais précolombiens.  En voici un aperçu...

   

Et on continue notre route - et quelle route - vers Hierve El Agua.  D'abord, parlons de la route elle-même qui s'étend sur 3 km, mais qui nous parait longue de 30 km - lolll.  On se penserait sur une route datant de la guerre des espagnols...  Une chance qu'on a pris un tour guidé et pas nos camions !  Le fait est que c'est à flanc de montagne et que le bord, côté montagne, s'effrite sous les pluies et il y a beaucoup de derrumbamientos (éboulements) de terre, de sable et de roches sur le chemin.  On doit donc zigzaguer entre les obtacles en plus d'essayer d'éviter les trous dans ce chemin de terre très sinueux et qui est très pentu puisqu'on doit monter au faîte de la montagne pour atteindre les deux plateaux rocheux. 

Herve El Agua signifie "l'eau qui bout" mais ce ne sont pas des eaux thermales malgré son nom.  C'est une source d'eau douce riche en carbonate de calcium et autres minéraux, excellente pour les rhumatismes si on daigne s'y baigner (ce que nous n'avons pas fait).  Par endroits, la source d'eau sort de terre à gros bouillons, d'où le nom trompeur du lieu.  Deux somptueuses cascades pétrifiées semblent avoir été stoppées net dans leur descente le long de la pente.  L'une d'elle forme un étonnant amas de stalactites perchées au-dessus du vide, comme prêtes à se déverser du sommet.  Quant à la plus petite des falaises, appelé la cascada chica (petite chute d'eau) ou amphithéâtre, elle contient deux grands bassins artificiels (donc aménagé pour la baignade) ainsi qu'un certain nombre de petites piscines naturelles.  Le paysage est splendide tant dans la montée que sur les lieux même.  C'est un terrain accidenté en montagne, comme je disais, dominé principalement par le chêne vert forêt, les cactus et autres plantes semi-désertiques.  Le site nous inspire le calme et la sérénité... il fait bon de s'y asseoir, de relaxer et même de méditer sur la splendeur que nous offre cette région.

J'ai pris tellement de photos de ce petit paradis, que je vais devoir me faire violence pour n'en choisir que quelques-unes.  En espérant vous donner le goût d'aller visiter ce coin.

Remarquez la route en lacet sur la dernière photo et les 2 avant-dernières vous donne une idée de la hauteur.  Et nous étions pourtant qu'à mi-chemin... c'est tout dire !  Superbe visite guidée de 10 à 18 heures coupé par un excellent et imposant brunch mexicain.  Il y avait de tout, à volonté et on pouvait ainsi tester différents plats dont le fameux mole poblano pollo (poulet cuit dans une sauce au cacao ou chocolat), un riz vert (coloré avec une herbe sauvage du coin - je cherche encore le nom mosus) et beaucoup beaucoup d'autres belles découvertes.  Belle expérience culinaire !

Heureusement que l'autobus nous dépose devant le garage où LUI a acheté et fait installer sur sa jante un nouveau pneu pour son FW.  On est revenu en camion jusqu'au camping où on prendra un petit apéro avant de souper.  Une fois la roulotte rangée et pinnée, le dodo ne tardera pas après le souper car demain on doit quitter pour une autre destination mais qui sera qu'un arrêt avant de se rendre au Chiapas.

 

Jour 86 - 23 février 2011

Fières de notre expérience (sic) sur la 175, on décide de descendre par la 190 qui est plus à l'est et qui nous mènera à l'Hotel Calli à Tehuantepec pour coucher. La route est sinueuse aussi puisqu'on redescend la Sierra Madre del Sur mais elle est beaucoup plus large et mieux entretenue... et on descend !  Le paysage est aussi très beau. Mais comme nous arrivons à l'Hotel Calli à l'heure du dîner (on pensait que la route serait plus longue à faire compte-tenu du trajet fait sur la 175 en montant), l'hôtel nous refuse.  On fait un bout de chemin pour se trouver une place pour dîner et on reprend la route vers Arriaga sur la 200. 

Une fois rendu à Arriaga, vers 3h00, on réussi à se stationner tant bien que mal au El Parador Hotel.  L'entrée est très difficile pour la grosseur du FW de notre couple-accompagnateur.  Ce n'est pas un Campground mais il est possible de camper à côté de l'hôtel.  D'ailleurs, l'hôtel aussi est en dégradation.  On nous autorise à utiliser une extension pour se connecter à la salle de lavage mais l'électricité sera minimale pour nos deux VR.  Pas grave, on a chacun une génératrice pour les plus grands besoins et on a également de l'eau. 

Donc le restant de la journée sert à relaxer et à refaire le plein d'énergie !

 

Jour 87 - 24 février 2011

On reprend la route, via la 195 et 190 en traversant l'Isthme de Tehuantepec pour se rendre le plus près possible de San Cristobal de las Casas ie à Ocozocoautla où on pourra camper quelques jours car il n'y a pas de terrain de camping acceptant la FW de notre couple-accompagnateur à San Cristobal, selon Church.  C'est LUI le chef de file aujourd'hui, ce qui fait qu'on passe dans le petit village de Ocozocoautla. C'est que le Garmin de notre couple-accompagnateur, le dirige constamment au coeur des villes. C'est pratique pour une visite rapide - lolll - mais en autant que les rues soient dignes d'une ville et non d'un village car on arrive avec "nos gros sabots" de VR.  Et justement ici, c'est un petit village colonial et non une grande ville.  Ce qui fait que les rues sont très étroites.  Et comme c'est souvent le cas au Mexique, les gens stationnent des 2 côtés malgré l'étroitesse des rues et malgré que bien souvent vous avez un tas de terre sur le pavé puisqu'on y fait des réparations.  Donc, ce n'est pas l'endroit pour se promener avec un VR, surtout pas un FW de 32 pieds.  Comme on doit tourner à gauche pour sortir du village, et que les VR ont des back swing quand on tourne, notre ami a arraché un miroir d'autobus avec son poteau d'auvent.  Il a été quitte pour en payer un autre au monsieur sorti en courant pour le réclamer !  Des négociations ont eues lieu car ce type demandait un prix astronomique mais André lui a fait comprendre que ça ne valait pas ça, même au Québec... et l'autobus n'était pas de l'année !!!

On s'installe donc au Hogar Infantil (hogar = lieu et infantil = enfants).   C'est exactement ça... un refuge pour enfants.  C'est un organisme, fondé par un américain, qui aident les enfants les plus démunis, les orphelins et les maltraités de la région.  On leur fournit outre l'abris, de la nourriture, des vêtements, des soins médicaux et de l'éducation.  De plus, on y a fait l'ajout d'une coopérative qui produit des t-shirts et ainsi offre aux jeunes adolescents de Hogar certains rudiments de l'éthique du travail, la gestion de l'argent tout en renforçant ainsi l'estime de soi et en tentant de leur assurer une certaine indépendance.  À l'origine c'était un refuge pour garçons mais vers les années 1990, ils ont ouvert leurs portes aux jeunes filles qui composent maintenant le tiers de la population du ranch.  Par conséquent, le prix du terrain de camping se fait par une donation à l'organisme américain qui les soutient.  Par contre, on ne peut y demeurer plus de 5 jours, à moins d'une autorisation de la direction.  Les installations sont so-so mais c'est clôturé et sécuritaire.  Comme ça ne nous le disait pas de donner à l'organisme américain, même si leur vocation est très louable et à but non lucratif, André est allé demander à la direction une liste d'articles qui pourraient leur être utiles.  Nous avons donc fait une épicerie en guise de paiement pour notre séjour et nos hommes sont retournés leur porter.  Ils étaient très heureux de pouvoir bénéficier maintenant et directement de ce surplus.

Comme nous sommes arrivés tôt, en après-midi je suggère la visite du Canyon de El Sumidero.  André n'est pas chaud-chaud à l'idée mais notre couple-accompagnateur semble intéressé même si ELLE a peur de l'eau. 

Ça vous l'dit de venir faire un tour de lancha (barque) ?  Allez... ce n'est pas si effrayant que ça et je vous promets une belle randonnée... Cliquez si l'coeur vous en dit...

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