Page 7

Cuernavaca

Le climat beaucoup plus chaud qu'à Mexico a valu à la capitale de l'État du Morelos le surnom de "ville de l'éternel printemps".  Les pépinières et les champs de rosiers abondent effectivement dans les alentours, mais Cuernavaca ne se livre pas facilement et cache jalousement ses patios fleuris.  C'est une ville aux rues encombrées.  Elle a sûrement ses charmes mais la visite en trolley en novembre ne nous a pas permit de voir beaucoup de bon côté à cette ville.  Nous devions avoir un trolley ouvert mais il était en panne, situation corrigée en janvier.

Cuauhnahuac (à côté des arbres) était un mot un peu trop difficile à prononcer pour les Espagnols, qui ne tardèrent pas à adapter le nom de cette province peuplée d'Indiens tlahuicas, soumise au tribut depuis le règne d'Itzcoatl au 15e s.  Le coton pourrant en abondance dans la région, la noblesse de Tenochtitlan recevait en impôt les plus belles tuniques de l'empire.  Hernan Cortés (ben oui, encore lui - lolll) n'a pas goûté longtemps la gloire de ses hauts faits militaires, harcelé par des compatriotes avides de pouvoir.  Lorsqu'en 1529 le roi Charles Quint (vous savez, celui de Taxco - j'vous l'avais dit que tout était relié - lolll) lui retire le commandement de la Nouvelle-Espagne, il accepte avec soulagement un beau lot de consolation:  le marquisat de la Vallée, un territoire morcelé qui s'étend de Oaxaca à Cuernavaca.  Près de cette dernière, il introduit la culture de la canne à sucre, et passera le plus clair de sa vie de marquis à faire fructifier ses terres.

En 1911, le "Caudillo del Sur" prend la tête d'une insurrection paysanne qui va le rendre maître des environs de Cuernavaca pendant 8 années.  De son quartier général, dans l'ancien hôtel Moctezuma, il va diriger une lutte révolutionnaire nourrie par la classe paysanne.  Emiliano Zapata, immortalisé dans la fresque de Diego Rivera au Palacio de Cortés, symbolise une droiture d'esprit qui fait la fierté des habitants du Morelos.

Mais j'avoue, que personnellement (et c'est là une opinion tout à fait personnelle à mon moi-même - lolll), je n'ai pas aimé Cuernavaca.  Même si en janvier, la visite fut plus élaborée qu'en novembre, j'ai passé mon temps à me surveiller la tête dans le trolley ouvert qui nous conduisait d'une rue à une autre sous les fils pendants trop bas pour une telle promenade.  Cette "opinion" fut traduite ainsi par un couple de caravaniers: "turibus à ciel ouvert qui en traduction française voulait dire dans ce cas ci, un TOUT RISQUE BUS car bien vite on devait se protéger des branches, des fils électriques, des câbles téléphoniques et de la vitesse du chauffeur".  Par contre, un superbe canyon au milieu de la ville, d’une profondeur de 40 mètres, nous a tous impressionné.  Il est très rare d'avoir un canyon en pleine ville mais à Cuernavaca, il parait que les canyons sont nombreux.  Celui "de la ville" a été aménagé, avec des passerelles, et les mexicains aiment bien y venir se promener.  On y a aperçu un canal d’irrigation dédié à transporter l’eau des montagnes à la ville commandé par Hernan Cortes le conquérant espagnol du Mexique. Il y avait même un petit pont suspendu qui a fait peur à quelques participantes - loll.  Mais on doit "remonter à la surface" et on doit "affronter" les 237 marches étroites mais comme elles sont en palliers, ça se fait pas si mal.  On reprend notre "turibus" pour continuer le tour de ville et s'arrêter au Jardin Borda, jardin créé par la riche famille du temps, du même nom d'ailleurs. Le jardin a été aménagé à deux pas de la cathédrale par José Manuel Arrieta - fils de l'architecte de l'ancienne basilique de Guadalupe - dans la propriété de José de la Borda, le célèbre prospecteur d'argent.  Celui-ci n'ayant vécu à Cuernavaca que les 2 dernières années de sa vie, c'est son fils Manuel, un prêtre passionné de botanique, qui a conçu ce parc jalonné de fontaines et de bassins.  Plus tard, Maximilien y établiera ses quartiers d'été et, à l'ombre de ses arbres, Porfirio Diaz et Madero donneront de grands banquets.  Le jardin a malheureusement perdu de sa luxuriance d'antan, mais il reste un intermède rafraîchaissant au cours d'une journée de visite.  La maison abrite des salles d'exposition temporaire, une librairie, un musée et un restaurant.  C'est un beau jardin à visiter mais, nous qui connaissons le Jardin Botanique de Montréal, disons que ça n'impressionne pas outre mesure. 

J'pense que je devais être fatiguée cette journée là - lolll.  J'ai de la misère à apprécier la place !  On reprend l'autobus et là on va luncher un peu en dehors de la ville, là où notre bon guide Gabriel demeure.  Le resto est superbe, on mange dehors car il est à aire ouverte.  C'est un 5 services:  soupe + une petite entrée; la viande (poulet, porc, boeuf et saucisses) et les légumes, dont le cactus nopal, sont apportés ensuite dans une pierre volcanique; et c'est suivi d'un poisson (majarra israelita - genre tilapia rouge).  La bière est à volonté durant tout le repas et il va s'en dire qu'on retourne au camping repus à souhait !  En novembre, certains s'en retournent au camping en moto-taxi, ce qui fait qu'en janvier, l'organisation a ajouté cela dans la balade.  Disons que ça termine très bien la journée, malgré tout !

Certaines villes comme Puebla et Taxco sont très riches architecturalement et culturellement comparativement à d’autres où le mélange de l’ancien et du nouveau n’est pas des plus réussi. Mais ce sont des endroits tout de même intéressants à voir, question de dire que nous y sommes passés.  L'organisation n'y est pour rien dans le fait qu'on aime ou pas une place ou une autre.  C'est tellement personnel !

Fatigués vous aussi ?  Demain, dimanche, on reprend la route, courage... on s'en va au bord de la mer... en commençant par Acapulco.  On roule un bon 315km mais on arrive à temps pour le souper.  C'est que la route est montagneuse mais pas sinueuse et comme il y a peu de village sur notre route, il y a moins de topès à traverser, ce qui aide grandement à tenir un rythme plus régulier.

Je ne parlerai pas d'Acapulco, je n'y suis pas allée.  On m'a dit que c'était une réplique d'une ville américaine, tape-à-l'oeil et sale.  Certains l'appelle "cacapulco" et pas très sécuritaire, à ce que l'on dit.  Elle a peine à remplir ses hôtels démesurés qui ont été construits pour absorber la marée montante du tourisme, qui pourtant se retire d'année en année.  Malgré tout, le mythe perdure depuis les années 1950 où la vie nocturne faisait rêver. 

Quant à nous, caravaniers, nous nous dirigeons vers la plage en passant par Pie de la Cuesta.  En novembre, la dame qui tient camping n'avait pas "préparé" le terrain, ce qui fait que nous avons dû attendre une bonne heure que le "débroussaillement" soit fait, ce qui en a incommodé plusieurs.  On a beau avoir des réservations, les mexicains en font souvent qu'à leur tête... mais c'est ça qui est ça.  De plus, un caravanier, n'ayant pas compris les consignes, a voulu entrer dans le terrain en passant par l'arche d'entrée et dans sa hâte pour libérer la route, il a ouvert le côté de son beau gros Classe A de 45 pieds en l'accrochant sur une tige de métal qui dépassait de la colonne gauche de l'arche.  Il a ouvert ça comme on ouvre une boîte de conserve... nous étions tous bien malheureux pour ce couple dont c'était le premier achat d'un VR.  Inutile de vous dire que la fin de la journée s'est déroulée tristement.  Heureusement, le lendemain, c'était journée libre, journée de farniente comme on dit, et chacun a vaqué à ses occupations personnelles.  Tout l'monde attendait ce repos bien mérité mais il fait très chaud à Acapulco et l'humidité y est omniprésente.  On n'est pas bien.  Comme nous sommes pas mal amortis par la chaleur, quelques caravaniers font du co-voiturage et vont manger au restaurant Les Tres Marias en bordure de mer.  Par contre, en janvier, l'organisation s'est trouvé un autre terrain au grand bonheur des caravaniers mais c'était du "sport" d'entrer les gros véhicules.  Mais comme ces messieurs sont super qualifiés, ils ont réussi un coup de maître.  Et au lieu d'aller manger au resto, tout l'monde s'est "fait venir" du poulet cuit à la broche et on a complété notre souper communautaire avec des papas fritas, des salades et un joyeux festin s'est organisé directement au camping.

Mardi, on recommence... direction Ixtapa... en route pour un 250km mais route un peu plus difficile que la précédente.  Qu'à cela ne tienne... on va y arriver...  Pour décrire le paysage, je vais emprunter les mots d'un couple participant de novembre puisque c'est si bien décrit:  "Le décor est verdoyant, les cocotiers de leurs longs bras nous envoient la main tandis que les autres arbres jaloux se plient de toute leur force pour nous toucher au passage; courbes, côtes, bosses et topès, les uns et les autres se succèdent presque sans fin, mais  finalement, tout va très bien" .  Nous avons des poètes dans le groupe !  En janvier, ce ne fut pas aussi "charmant" pour l'un des participants et même pour le chef de caravane... je m'explique:  de la mécanique, c'est de la mécanique.  Bien évidemment, les vieux VR sont plus sujets aux bris mais ça ne veut pas dire qu'un beau gros Classe A, presque neuf, n'a pas non plus sa part de "malchance".  Vers les 10h00 du matin, un caravanier averti son prédécesseur que son youyou semble "zigzaguer".  Les gens s'arrêtent pour vérifier... non, il est bien accroché. Ils reprennent la route... c'est dans le premier groupe... nous, nous sommes du deuxième...  et voilà que le problème empire au point de devoir s'arrêter à El Papaya, petit petit village perdu le long de la route. Deux autres caravaniers demeurent avec le malheureux car il est impossible pour la première caravane (8 autres VR) de se stationner là.  Trente minutes plus tard, nous arrivons avec notre groupe de 10 VR et on constate que nos amis sont sur le bord de la route.  On envoie nos 9 couples rejoindre le premier groupe qui les attend plus loin et nous demeurons avec notre "mal-pris".  Le chef de caravane doit entrer à Ixtapa avec tout le groupe tandis que nous, après avoir envoyé les 2 couples dépanneurs, nous sommes restés avec monsieur G.  C'était une grosse pièce (genre 2 x 2 en métal) du suspension qui était brisée en deux.  Le mécano doit défaire, souder, remonter ladite pièce.  La réparation a débuté vers les 11h00 pour se terminer vers les 21h30.  Comme il faisait noir, évidemment, et que nous étions sur le bord de la route, nous avons décidé de rouler un petit 30km, question de se trouver un endroit sécuritaire (eh oui, la sécurité d'abord !) pour se stationner.  Nous avons dormi au Pemex et avons rejoint notre groupe le lendemain matin sur le bord de la plage à Playa Linda... journée libre pour tous.

Mais le soir venu, c'est le souper spaghetti...  on demande à chaque couple d'apporter une "sauce pour deux" et on mélange toutes les sauces dans un immense chaudron.  La chefa a fait cuire les pâtes au préalable et nous voici tous attablés à festoyer à nouveau.  En novembre, comme nous étions un petit groupe, on l'a fait sous un palapa au camping tandis qu'en janvier, on l'a fait entre deux VR où la place avait été réservée en conséquence.  Vins, pâtes, fromage, pains fournis par l'organisation et chacun apporte sa contribution pour dresser les tables mais surtout pour faire de ce repas, un repas convivial où tous et chacun racontent leurs exploits... c'est bien connu... le bon vin délie les langues, même les plus "rebelles" - lolll.

Jeudi, on prend l'autobus nolisé pour se rendre à Zihuatanejo et au restaurant de Céliiiiiiiiiiine - lolll.  La ville de Zihuatanejo est au bord de la mer, évidemment, et est très touristique.  Tout l'monde en profite pour magasiner et dîner en ville.  Après quoi, on reprend l'autobus qui nous mène à flanc de montagne au superbe restaurant, ouvert il y a 5 ans à peine et réservé pour nous pour l'après-midi et la soirée.  Ce restaurant possède une piscine "à flanc de montage".  À vous couper le souffle !!!  Le restaurant, et la maison attenante de Céline (québécoise mariée à un mexicain), est perché sur une colline, à 200 pieds au-dessus du niveau de la mer, et surpomble la baie où on peut aperçoir tout au loin la marina de Zihuatanejo.  De plus, Céline a aménagé un petit parc écologique derrière sa résidence-restaurant.  En effet, on peut observer des scorpions, des araignées, des sauterelles, des serpents et même des coquerelles. Céline abrite aussi plus de 70 iguanes, un crocodile, un couple d’inséparables, un Tejon nommé Chiquita (espèce nocturne), des poules, des cailles. Dans son jardin botanique, elle a planté de nombreux arbres fruitiers (manguier, olivier, mandarinier, limetier, papayer, carambolier, cocotier, etc…).  Tout ça, pour permettre aux gens de connaître la faune et la flore mexicaine.  Son jardin a été inauguré par le gouverneur le 15 décembre 2009. 

Eh que c'est relaxant une journée comme celle-là mais en même temps, ça donne beaucoup de temps pour consommer - lolll.  Le repas était copieux et délicieux... digne d'un resto 5 étoiles !!!   Heureusement, le retour se fait en autobus et le lendemain est une journée libre.  Tout le monde va pouvoir "récupérer" - lolll.

Comme j'ai dit tantôt, journée libre le lendemain et on reprend notre périple samedi, en route vers Zapote de Tizupan, toujours sur le bord de mer.  Vous venez ?

OU 

ou page 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | pour ceux qui veulent revenir sur des passages !