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Vite, le Turibus nous attend à la porte du camping, dépêchez-vous... quoi ?  la soirée a été trop difficile ?  Vous avez les deux yeux dans le même trou ce matin ?  Ça ne fait rien... avec le Turibus, vous allez vous réveiller à coup sûr !

Puebla

Coloniale et provinciale tout à la fois, Puebla est surtout restée l'une des villes les plus espagnoles du Mexique central.  Son apparente froideur bourgeoise s'effrite rapidement lorsque, au gré des promenades à angles droits dans ses rues en damier, vous parviennent les effluves d'une culture populaire où la ferveur catholique et la bonne chère font excellent ménage.  L'un n'allait pas sans l'autre à l'époque dévote de la Couronne, et les plus célèbres recettes poblanas (ie de Puebla) sont sorties des cuisines des couvents.

La ville est un damier composé de cuadras ou de manzanas.  Toutes les rues, sauf les deux artères principales, portent un numéro associé à un point cardinal.  Les axes nord-sud sont appelés calles (rues), les axes est-ouest avenidas (avenues).  C'est complexe à première vue car il faut compter également sur les nombres pairs (au sud) et impairs (au nord) de l'avenida de la Reforma qui est le point central qui séparent le nord du sud tandis que la Calle 16 de septiembre sépare les avenidas Oriente (à l'est) et Poniente (à l'ouest).  Vous avez compris quelque chose - lolll.  C'est que, comme moi, on n'a probablement pas une "logique implacable" comme nos hommes - lolll.  Mais il parait qu'une fois dans la ville, on s'habitue vite.  J'suis pas restée assez longtemps à y marcher pour en comprendre tous les aboutissements et tenants - lolll.

Est-ce que je m'aventure dans son histoire ?  Bon... j'vais essayer d'être courte - lolll.  Fondée en 1531, Puebla est née d'une utopie propre à la Renaissance, ourdie par Juan de Salmeron de la Real Audiencia et les franciscains.  Conçue pour rassembler les Espagnols aventuriers et vagabonds qui mettaient en péril une société naissante, un songe de l'évêque de Tlaxcala a sanctionné fort à propos cette noble entreprise.  Dans ce rêve pieux, des anges venaient avec des cordons tracer les plans de celle qui allait bientôt devenir la "puebla de los Angeles", la "Ville des Anges".  Par une ironie de l'Histoire, la cité des "sans-terre" est vite devenue la plus prospère de la Nouvelle-Espagne.  À l'élevage, la manufacture textile et l'agriculture, s'est ajouté l'art de la céramique, perpétuant la tradition ibérique de la ville de Talavera de la Reina et du Portugal.  Les axulejos vont bientôt envahir les façades et les coupoles.  Passage obligé sur la route de l'Asie, Puebla a égalment profité du flux de richesses exotiques traversant "les Indes" entre deux gallons.

Sur les hauteurs de la ville, le général Zaragoza va offrir au Mexique l'une de ses rares victoires militaires contre une force étrangère.  Le 5 mai 1862, il résiste aux assauts des troupes napoléoniennes du général Latrille et met en pièces l'armée française.  L'année suivante, après deux mois de siège, Puebla devra s'incliner devant le général Bazaine, qui remporte la bataille de San Lorenzo.  Actuellement, le 5 de Mayo est l'un des six jours fériés du calendrier républicain, et toutes les grandes villes du Mexique ont une rue ou une place qui rappelle cette date glorieuse.  Pour enfoncer le clou, le nom officiel de la ville est devenu "Puebla de Zaragoza". 

Bon... j'ai tenté d'être moins "antédiluvienne" dans mon histoire - lolll.

La Puebla d'aujourd'hui est fière de son passé historique et elle ne s'est pas privée pour autant d'un développement économique moderne.  La plus grande usine de montage Volkswagen du continent s'y est installée et continue à assembler la "Coccinelle", toujours favorite des chauffeurs de taxi de la capitale.  Déclarée Patrimoine de l'Humanité en 1987, la ville a souffert d'un fort tremblement de terre le 15 juin 1999, dont l'ampleur a été minimisée pour ne pas décourager les touristes.  Par contre, de nombreux édifices ont été sérieusement touchés, et certains d'entre eux n'ont pas encore fini de panser leurs plaies.  Elle se trouve à 2 160 m d'altitude, dans une vallée entourée des volcans (Popocatépetl, Iztaccihuatl et La Malinche). Le centre de la ville est constitué de maisons de l'époque coloniale dont certaines façades sont ornées, sur toute la hauteur, de faïences multicolores. Ces faïences ont fait la réputation de Puebla dans le monde entier.  Sa population est de plus de 1 485 000 habitants (2005) et de plus de 2 millions dans l'agglomération, ce qui en fait la quatrième plus grande ville du Mexique.

Donc, je disais que Puebla a été "découvert" par nos caravaniers en Turibus (autobus panoramique) d'abord et par la suite, nous avons fait une promenade au zocalo et dans certaines petites rues, question de manger des confiseries sur l'Avenidas 6 Oriente (vous vous souvenez de mon histoire de rues - lolll).  En tout cas, on ne risque pas l'hypoglycémie quand on déambule sur cette rue:  les fameux camotes (à la patate douce), mais aussi les tortitas (tartelettes aux amandes), les alegrias (galettes de graines d'amarante), le rompope (liqueur au jaune d'oeuf), et bien sûr l'alfenique (sucre d'orge).  Une nuée de vendeurs de camotes attend même les indécis directement sur le trottoir et vous en font goûter des échantillons.  Pas fou ces mexicains !!!.

Par la suite, nous sommes allés manger - buffet - dans Avenidas 5 Oriente.  Et c'est là qu'en novembre, pour la première fois, j'ai goûté à un potage de Nopales (cactus Nopal).  Délicieux !!!  Malheureusement pour moi, en janvier, la crema de Nopales n'était pas du menu mais une crème de légumes était tout aussi bonne.  D'ailleurs, le resto est d'une qualité 5 étoiles !!!  Et question de digérer le tout, une visite d'un atelier de céramique Talavera, tout fait à la main, s'impose.  Bon... les visites ne sont pas nécessairement citées dans l'ordre car elles ont été différentes dans le temps pour novembre et janvier mais ça n'a aucune importance puisque dans un cas comme dans l'autre, nous les avons faites.

Encore une fois, je vais devoir me restreindre dans mes photos - snif, snif, snif...

Il est certain que nous avons visité beaucoup plus... mais encore une fois, je vais rester discrète, ne voulant pas tout dévoiler.  Il faut bien que je garde quelques surprises aux éventuels participants.  Si non, ça serait inutile de vous enregistrer dans une caravane n'est-ce pas ?  Mais j'espère de tout coeur vous donner le goût de participer car c'est vraiment un beau circuit.

Le jeudi, 13ième jour de notre randonnée depuis le départ, nous reprenons la route, pour un petit 185km, vers Cuernavaca.  Le départ ne se fait pas sans heurts:  l'un oubli ses marches, un autre est soulagée d'une partie de son échelle, un chef se retrouve avec un plancher inondé d'alcool à cause d'un "manhole" (trou d'hommes) laissé grand ouvert sur le boulevard et un serre-file (nous en occurence) doit dire adieu à son auvent et son poteau arrière après l'avoir accroché par un poteau de ciment avec son "back swing".  Même qu'aux abords du camping de Cuernavaca, un autre caravanier éprouve des difficultés à manoeuvrer sur la route étroite qui serpente jusqu'au camping et oh malheur, une arche met à rude épreuve couverts de plastique sur son toit et qu'en plus il entreprent un combat avec un fil électrique qui pendait arrachant du même coup ses "trompettes".  Bon... ok... tout ça en deux coups... novembre et janvier - lolll.  Mais c'est le Mexique !

Pour contrecarré les effets "néfastes" de nos petites misères de caravaniers, le paysage vers Cuernavaca est magnifique.  Immobiles témoins des tribulations de la vallée, trois volcans plantent le décor de notre route dans les environs de Puebla.  La Malinche (4,420 m), un peu éclipsée par le Popocatépetl "la montagne qui fume", dont j'ai parlé tantôt (5,450 m) et l'Iztaccihuatl "la femme endormie" (5,280 m) un couple mythique auquel l'animisme indien a donné le jour.  Outre les légendes aztèques... le "popo" et l'Iztaccihuatl sont désormais identifiés à Saint Grégoire et Sainte Rose de Lima, par les habitants des villages alentour, qui se sont placés sous leur protection et leur apportent des offrandes pour leur anniversaire.  La cohabitation n'est pas exempte de disputes, et parfois "don Goyo se met en colère", lâchant dans l'azur une longue écharpe de fumée... Il s'est notamment réveillé en 1947 et 1993, et fait l'objet d'une surveillance constante depuis ses dernières éruptions de décembre 2000.  C'est qu'il n'est qu'à 45km de Puebla à vol d'oiseau !

La légende aztèque, Popocatépetl était un guerrier amoureux d'une princesse appelée Ixtaccihuatl.  Le père d'Ixtaccihuatl envoya "popo" tuer un ennemi de leur tribu en lui promettant la main de sa fille s'il revenait, le père pensant que cela était impossible.  Popocatépetl s'en alla, et quand on affirma à Ixtaccihuatl qu'il était mort, elle en mourut de chagrin.  Quand il revint, il mourut lui aussi de chagrin en apprenant la perte de sa bien-aimée.  Les dieux recouvrirent leurs corps de neige et les changèrent en montagnes.  Ixtaccihuatl fut appelée "la femme endormie", à cause de sa ressemblance avec un corps de femme allongé.  Quant à lui, il devint le volcan Popocatépetl, faisant pleuvoir le feu sur terre, mis en rage par la mort de son amante.

Pour bien apprécier "la femme endormie", il est impératif d'avoir une photo aérienne, ce que je n'ai pas, évidemment.  Alors je fais appel au web pour vous en mettre une.

Sans déloger de notre sociale habitude, un 5 à 7 est organisé, spécial Cervezas, question de découvrir les bières mexicaines... ce qui a l'heur de détendre l'atmosphère et d'oublier nos petits bobos mécaniques.  Ce n'est rien en fait dans un voyage, l'important étant de faire un beau voyage et au diable la mécanique - lolll.  Bon, facile à dire après coup et quand ce n'est pas toi qui paie - lolll.  Pour notre part, la réparation fut faite à Puerto Vallarta pour une partie du problème, le reste mon mari devant le faire incessamment et ça ne nous aura pas coûté au delà de 100 dollars.  Alors pourquoi s'en plaindre !

Prochaine étape... Xochicalco et son site archéologique ainsi que Taxco, ville de l'argent et ma fête, en novembre.  Allez-vous venir ?

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