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HaHaHa... je savais que vous suivriez.  On reprend notre route, et notre rang dans la caravane et on roule un petit 135km environ pour se rendre à Puebla que nous visiterons en Turibus ainsi que les villes avoisinantes de Tlaxcala, de Cholula et de Cacaxtla.  Mais avant, on doit s'installer au camping. 

 

Petite anecdote (je sais que vous les aimez) de janvier...  Normalement le premier groupe se stationne dans le camping et le deuxième groupe, le nôtre, attend sur le bord de la route que le chef de caravane nous appelle.  Mais le premier groupe n'a pas encore terminé de se stationner (il en reste 2 ou 3 devant nous), et quand le chef appelle au walkie-talkie l'Allegro Bay (marque d'un Classe A), les "petits" de notre groupe comprennent plutôt "allez les gros B" et voici les Roadtreck, Rialta, Pleasure-Way et Leisure Vans qui s'avancent tout de go, au grand dam du chef de caravane et même de mon mari qui lui, avait bien entendu.  Ce fut la running gag de la soirée car voyez-vous un 5 à 7 s'est improvisé, à la demande de la femme du chef de caravane, qui a suggéré que chacun apporte son "touski" (tout-ce-qui reste à bouffer).  Et comme l'un des caravaniers de janvier était équipé d'un système de son digne d'une discothèque et qu'un autre participant s'est improvisé animateur de la soirée, ce fut un franc succès comme en témoigne cette photo... mais n'allez pas croire que novembre était en reste.  Il y a eu également un 5 à 7 communautaire de "touski" au VR d'un participant qui avait dû payer beaucoup plus cher son site car il avait de la place pour pour tous nous parquer à côté de lui - lolll.  À l'instar de janvier le plaisir était au rendez-vous mais de manière différente.  C'est ce qui fait la beauté des caravanes...  pareil mais différent - lolll

 

Merci à Guy pour la photo.  Bon... continuons nos visites...

 

 

On commencera par Tlaxcala, vous voulez bien ?  Vous n'avez pas l'choix, c'est moi qui vous conduit - lolll.

Tlaxcala

Un peu d'histoire... les habitants de cette république, les Tlaxcaltèques, jaloux de leur indépendance tenaient tête à l'empire dirigé par les Mexicas de Mexico-Tenochtitlan. Au début du XVIe siècle, les deux peuples, qui partageaient pourtant une même culture et une même langue, le nahuatl, s'affrontaient depuis plusieurs génération dans des guerres d'un type particulier qui selon leurs croyances leur permettaient d'étancher la soif des dieux pour le sang humain au cours de sacrifices rituels : ces « guerres fleuries » (xochiyaoyotl en nahuatl) permettaient en effet de capturer des prisonniers destinés au sacrifice.  C'est que, la capitale aztèque se trouvant de plus en plus éloignée des terres à conquérir, les rébellions de peuples soumis se faisant rares également, les prisonniers voués aux sacrifices vinrent donc à manquer.  Pour pallier à cette pénurie, les Aztèques instituèrent une guerre rituelle permettant de fournir leur ration de victimes aux dieux toujours plus gourmands.  La Xochiyaooyotl ou "guerre fleurie" instaurait un cycle de batailles, programmées sans but de conquète contre un royaume voisin et c'est ainsi que Tlaxcala, a payé en vies humaines le tribut imposé par l'empire !

Plus tard, les Tlaxcaltèques refusèrent de se soumettre à l'autorité de Mexico-Tenochtitlan qui avait pourtant déjà attiré et soumis les puissantes cités de Texcoco et Tlatelolco à qui elle avait imposé des alliances politiques et familiales afin de mieux pouvoir les contrôler. La triple alliance de Tenochtitlan, Texcoco et Tlatelolco était à cette époque engagée dans une phase d'expansion de type impérial et colonial, soutenue par le commerce de ses marchands qui se rendaient aux confins de l'empire afin d'y négocier les matières premières nécessaires à la vie de la capitale, si besoin avec l'aide des guerriers de ses deux alliés. La république de Tlaxcala vivait donc à proximité du coeur d'un empire en plein expansion.

Lorsque le conquistador Hernán Cortés, arriva dans la région, il dut faire face aux Tlaxcaltèques qui s'opposaient à sa progression vers Tenochtitlan. Dans les régions qu'il avait traversées, Cortès avait entendu parler des richesses de la capitale de l'empire aztèque, richesses qu'il convoitait. En chemin, il avait contracté de faibles alliances avec des villages qu'il avait soumis. Mais la république de Tlaxcala n'était pas un village. Un grand nombre de guerriers mobilisés repoussèrent les assauts des conquistadores qui furent à deux doigts de l'anéantissement.

Les conseils de caciques de la république tlaxcaltèque acceptèrent finalement une alliance avec les Espagnols dans le but de vaincre l'empire aztèque. Leur stratégie politique fut couronnée de succès puisqu'en 1521, 30,000 guerriers tlaxcaltèques participèrent à la destruction de Tenochtitlan lors du siège mené par Cortès. Une grande partie de la capitale de l'empire rival fut incendiée, et le pouvoir politique de Tenochtitlan fut abattu.  En récompense de l'aide qu'ils avaient apportée à Cortés, les Tlaxcaltèques reçurent un certain nombre de privilèges. Ils continuèrent de servir d'auxiliaires aux Espagnols dans leur oeuvre de conquête : ils participèrent à la conquête du nord du Mexique, où ils fondèrent des établissements. Ils particpèrent également à la fondation de Santa Fe du nouveau-Mexique. On les retrouve également accompagnant les Espagnols aux Philippines au XVIIe siècle.

Mais pour nous, pour notre époque, Tlaxcala est une belle petite ville d'environ 75,000 habitants, située dans la vallée de Puebla à une hauteur de 7,387 pieds, et qui peut se vanter d'être la plus paisible des capitales d'État.  Ville coloniale, hors du circuit touristique habituel, Tlaxcala est des plus pittoresques.  Elle est située dans une région réputée pour le pulque* et les taureaux de corrida.  Sur cette route de Cortés, on peut flâner agréablement le long des façades de briques arborrant des nuances de sépias, rouges et orangées qui s'embrasent en fin de journée et s'attabler sous les arcades de l'élégante Place d'Armes ou Place de la Constitución, où les arbres soigneusement coupés vous procurent une belle fraîcheur tout en écoutant le gargouillement de la fontaine cadeau du roi Philip III.  Ah goûter cette belle douceur de vivre !  Il y a plus, bien sûr, comme les églises, qui sont en nombre effarant au Mexique, toutes plus belles les unes que les autres; le vieux théâtre, le centre des beaux-arts, le palais historique et l'importante chute de 250 marches, etc... mais je me dois de me "garder une petite gêne" - loll - Certains édifices ont des intérieurs tout plein de fresques peintes à même le mur et des inscriptions sur leurs voutes.  De toute beauté !

À l'époque préhispanique, la cité s'appelait Tlaxcallan, combinaison de «tlaxcalli», qui signifie «galette de maïs, tortilla» suivi du locatif «-tlan», qui signifie «lieu, endroit» et signifie donc «endroit des galettes de maïs».

* Le pulque est une boisson alcoolisée traditionnelle d'origine mésoaméricaine issue de la fermentation partielle et naturelle de la sève de l'agave pulquero (également appelé maguey). Il est fabriqué de façon traditionnelle dans la vallée de Mexico, et dans les zones arides des États de Jalisco et de Puebla. Le degré d'alcool du pulque traditionnel se situe entre 6 et 8 degrés GL environ.  On syphonne la plante à l'aide d'un instrument que le type sur la photo a dans ses mains, une sorte de liquide blanchâtre qu'on appelle "eau de miel" (aguamiel) et qui a un goût douceâtre mais très prononcé.  Le pulque (prononcer poulqué) est très riche en vitamines C, D et E et en B-complexe et d'acides aminés.  Il contient également de grandes quantités de glucides et de fructan (c'est un sucre naturel) et des sels minéraux (potassium, sodium, phospate et fer).  Pour obtenir l’aguamiel, le «quiote» (la tige) est coupé un couteau spécial avant qu’il grandisse, donc, un trou dans le centre de la plante est formé. Une fois que le quiote est coupé, l’agave est laissé "en attente" pendant 6 mois. La plante essaie de guérir la blessure avec du tissu boisé et c'est ce tissu qui doit être gratté chaque jour pour que l’aguamiel soit recueilli dans le trou.

 

 

Je dois de me limiter dans mes photos, j'en avais une trentaine juste pour celle ville... vous comprendrez que je l'ai bien aimée - lolll

 

Cholula

Cholula, officiellement Cholula de Rivadavia. Elle est composée d'environ 100,000 habitants.  Son nom vient de Cholōllān en langue nahuatl, qui peut signifier « le lieu où l'eau tombe » ou bien « lieu de la fuite » (choloa, « fuir » et -llan, « lieu »).  Elle est connue pour sa Grande Pyramide (que nous n'avons pas visitée) et ses très nombreuses églises (environ 70). 

Son histoire... (lolll, vous n'y échapperai pas).  Cholula fut une cité précolombienne multi-ethnique fréquentée par de nombreux peuples de l'époque comme les Mayas, Mixtèques, Zapotèques, Olmèques, etc.   Elle daterait d'au moins du IIe siècle av. J.-C. d'après les archéologues et serait donc une des cités les plus anciennes de Mésoamérique. Un des premiers peuples qui s'y installa, les Epatláns, en firent déjà un lieu de culte.  Vers 200, la première pyramide de Cholula est construite. Elle fait 120 m de côté et 17 m de hauteur. Vers la fin de l'époque classique (800), la ville serait tombée sous le joug des Olmèques-Xicallanca et ses habitants auraient été expulsés. Mais il apparait que contrairement à Teotihuacán, elle échappa en majeure partie à la destruction. Cependant plusieurs théories coexistent pour expliquer cette période.  Vers 1164 (1 Tecpatl du calendrier aztèque), les Toltèques et Chichimèques y arrivèrent et y introduisirent le culte de Quetzalcóatl*.   À l'arrivée d'Hernán Cortés en 1519, c'était la seconde plus grande ville de l'empire Aztèque (après la capitale Tenochtitlan, ie Mexico), avec probablement plus de 100,000 habitants. Cortés, qui s'y était arrêté alors qu'il marchait vers Tenochtiltan, eut vent d'une embuscade que les Aztèques voulaient lui tendre à la sortie de la ville. Il décida de frapper le premier et convoqua les notables de Cholula au temple de Quetzalcoatl. Une fois ceux-ci arrivés, Cortès les fit massacrer et ses alliés Tlaxcaltèques mirent la ville à sac.

Dès 500 à 300 av.J.-C., les premiers habitants de l'endroit identifient la vocation agricole et commerciale de Cholula, s'appuyant à la fois sur la fertilité de ses terres volcaniques et le passage de nombreux pèlerins de diverses régions.  Cholula s'impose ainsi, pendant des sicècles, comme l'une des plus grandes villes de la mésoamérique, traitant presque d'égal à égal avec Teotihuacan.  Idéalement placée sur une route importante où se croisent obsidienne, poteries et marchandises tropicales, elle organise les plus grandes foires de l'Amérique ancienne.  La cité atteindra son apogée au 5e s. avant de décliner puis de tomber sous le contrôle des Olmecas-Xicalancas installés sur le site de Cacaxtla.  Au 12e s., la chute de Tula entraîne la dispersion des Toltèques, dont une partie vient occuper, puis dominer la vallée.  La ville prend alors un nouvel essor, sous le nom de "capitale de ceux qui avaient fui", Tollan Cholollan.  Sur le chemin qui doit le mener à Mexico-Tenochtilan, c'est ici que Cortés perpètre le premier grand massacre de la Conquête pour déjouer un complot supposé de l'empereur Moctezuma.  La fondation de Puebla l'Espagnole à proximité a permis à Cholula de préserver son atmosphère populaire à forte tradition indienne, ce qui ne l'empêche pas d'adopter les étudiants de l'Universidad de las Américas, la plus chère et la plus fresa (bdbg) du Mexique.

*Le nom signifie littéralement « quetzal-serpent », c'est-à-dire « serpent à plumes de quetzal » en nahuatl.  Le culte de Quetzalcoatl semble originaire de Teotihuacán. Un chef toltèque de la période post-classique était appelé Quetzalcoatl, il s'agit peut-être du même individu connu sous le nom de Kukulcan et qui aurait envahi le Yucatan à la même période. Les Mixtèques eurent aussi un chef nommé le serpent à plumes. Au Xe siècle, un chef étroitement associé à Quetzalcoatl, Topiltzin Ce Acatl Quetzalcoatl, régnait sur les Toltèques. On prétendait qu'il était le fils du grand guerrier chichimèque Mixcoatl et de la déesse Colhuacano Chimalman, ou leur descendant.  Quetzalcoatl se retrouve fréquemment dans la religion et l'art mésoaméricains pendant près de 2,000 ans jusqu'à la conquête espagnole. La vénération de Quetzalcoatl incluait parfois des sacrifices humains, bien que certaines traditions affirment qu'il était opposé à ces pratiques.

De façon plus pragmatique, Cholula conserve la même orientation et le tracé des rues de l'ancienne Cholollan.  Sur un côté de l'immense Plaza Principal, qui paraît démesurée, courent les 46 arcades d'un portal, où se concentre l'animation estudiantine.  À l'opposée, l'ancien couvent de San Gabriel fut élevé au 16es. par les franciscains à l'emplacement du temple de Quetzalcoatl.  Au fond d'un grand atrium, la Capilla Real, vaste chapelle d'Indiens dont les 49 dômes reposent sur 64 colonnes, évoque la mosquée de Cordoue.  Une légende affirme que Cholula compte une église par jour de l'année - loll.

Malheureusement, Cholula ne m'a pas impressionnée... probablement parce que sa "visite" s'est surtout faite en autobus autant en novembre qu'en janvier.  Par contre, le paysage entourant cette ville est remarquable en raison du volcan, encore en éruption, le Popocatepetl (j'y reviendrai) et de son teocallis (une pyramide de Mésoamérique surmontée par un temple) en occurence l'Église de San Pedro.

(la photo n'est pas de moi "volée sur le net" sans copyright)

 

Cacaxtla

À Cacaxtla, nous avons visité un site archéologique en novembre.  Par contre, les participants étaient très fatigués et certains n'ont pas eu le courage de faire la marche et la montée vers le site.  Par conséquent, en janvier, l'organisation a décidé de "sauter" cette visite puisque nous avons un autre site archéologique à voir à Xochicalco.  Faut dire aussi, pour le bénéfice de l'organisation, que le site de Cacaxtla est couvert d'un dôme pour la protection des ruines et ça enlève beaucoup au "naturel" de la chose.  Cette grande toiture qui couvre aujourd'hui l'ensemble est peu attractive, mais c'est le prix à payer pour conserver intacte ces compositions polychromes miraculeusement préservées.

Tout de même... un petit mot sur cette ville:  le nom de Cacaxtla viendrait du mot nahuatl « cacaxtli », qui désigne "un cadre en bois utilisé pour transporter du matériel".  Cacaxtla s'est réellement développée à partir de 650, qui est le début d'une période de forte instabilité due au déclin de Teotihuacán. C'est à cette époque que les Olmèques-Xicallanca, un peuple d'origine Maya venant de la péninsule du Yucatán, arrivent dans la région centrale du Mexique.  La cité se développe progressivement en cité fortifiée comme la ville de Xochicalco. Elle devient la capitale dominante de la vallée de Puebla-Tlaxcala, particulièrement lors de la chute de Cholula entre 700 et 800. Certains historiens, se basant sur des fresques murales du site, pensent que Cacaxtla a également participé à la destruction de Teotihuacán.  Elle perdit de sa puissance entre 900 et 1000 et fut finalement abandonnée.  L'emplacement n'a été redécouvert qu'en 1975 par des pilleurs, mais est rapidement venu à l'attention des archéologues la même année.  Par conséquent, Cacaxtla est principalement un lieu archéologique.

Je sais que je tanne probablement plusieurs lecteurs quand je parle "du passé" mais vous conviendrez avec moi que quand on se donne la peine de les lire, tout se recoupe dans l'histoire et tant qu'à visiter le Mexique, aussi bien tenter d'en apprendre un peu... de cette histoire... même si on ne retient pas tout.

 

Bon... revenons à notre camping... mais avant tout, passons par l'épicerie, il nous manque un tas de victuailles.  Demain est un autre jour... on ira visiter Puebla, la magnifique !

Vous suivez toujours ?  Vous savez maintenant quoi faire pour être du groupe... 

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