L'aventure

(29 janvier au 9 avril 2005)

 

Ce choix de destination était un rêve pour mon mari.  Par contre, ce n'était pas une destination qui m'enchantait à prime abord.  J'avais trop entendu parler des difficultés de voyager au Mexique, on m'avait cité des horreurs et même déconseillé d'aller là.  Mais mon mari y tenait beaucoup.  En plus, il avait été malade avant les fêtes et notre départ (quelque soit la destination qu'on aurait choisie) fut retardée par des impératifs de dépistage du cancer.  Par conséquent, je ne pouvais lui refuser ça et je n'ai pas eu de regret.

Donc les mois d'octobre et de novembre ont servi à la planification du voyage: le trajet, les endroits où camper et quoi visiter.

La ligne rouge vous indique le trajet parcouru dans les états mexicains. Ça représente 14,181km incluant les USA et Qc.

Comme vous constatez, on a fait la partie coloniale du centre de Nuevo Laredo à Mexico pour ensuite faire la côte ouest sur le bord de l'Océan Pacifique.

Le sud et la côte est seront pour une autre fois.

Donc, comme je disais, après un mois d'une interminable attente pour une biopsie, on part le 29 janvier au matin à 7h45 précise à deux véhicules, ben à trois (hihihi).  Mon mari conduit le camion avec la roulotte à sellette attelée tandis que moi je conduis la petite Tercel car on va porter cette dernière chez mon fils à Brossard.  Un petit bonjour à tout l'monde et à 10h15 c'est le vrai départ... pour L'AVENTURE avec un grand A !!!

  • La première trotte on roule 16 heures pour coucher dans un FlyingJ à Beaverdam en Ohio après 1280km. On dort 4-5 heures pour repartir à 6h00. 
  • La seconde nous conduira à Joplin au Missouri toujours dans un FlyingJ après 14h30 de route et 1240km.
  • Le troisième sprint de conduite nous amène à Waco au nord du Texas avec 10 heures de route et 695km (on commence à avoir un peu de fatigue on dirait (hihihi)
  • et la dernière trotte au camping Casa Blanca State Park de Laredo pour 557km avec arrêt à Austin pour un petit magasinage d'une caméra numérique.

Donc en résumé, de St-Damien à Brossard, pour ensuite passer par l'Ontario, le Michigan, l'Ohio, l'Indiana, le Missouri, Oklahoma et enfin le Texas.  On passera quelques jours au camping Casa Blanca State Park de Laredo, question de se reposer (il fait gris et c'est venteux, la température n'est qu'à 53 degrés Fahrenheit - tout de même mieux qu'un moins 20 Celcius) avant d'entreprendre le Mexique mais aussi pour aller s'informer et chercher les documents nécessaires à notre séjour.  On en profitera pour faire le plein de propane, nettoyer camion et roulotte intérieur et extérieur et faire le changement d'huile du camion.  Pas question de faire de l'épicerie pour traverser les douanes car c'est interdit d'avoir certains aliments.

Le samedi 5 février on lève les pattes et on s'aventure sur les routes à la conquête du Mexique. Une chance qu’on avait déjà notre "forma turista " personnel, il ne nous restait que le "car permit " à obtenir car ça prenait les véhicules, impossible de les avoir sans cela.  Donc, 40-45 minutes plus tard on l’obtenait et on a pu commencer la « traversée ».  Cependant, il nous est arrivé une petite aventure...  c’est l’accueil de la police mexicaine à la première lumière à Nuevo Laredo. Je vous raconte:  à une lumière verte clignotante la police nous signifie qu'on a passé sur la rouge. Après discussion en français, en anglais, en espagnol… et le gestuel, un des policiers (ils étaient 2) a semblé accepter notre version alors que l’autre a demandé de payer la contravention lundi prochain (on est samedi). Faut comprendre qu’il n’en n’était pas question… alors on lui offre de payer sur le champ même si nous pensions être dans notre droit. (on apprendra plus tard qu'une lumière verte clignotante est le pendant de notre lumière jaune avant que la rouge n'apparaisse mais contrairement à ici, cet avertissement clignotant ne dure que des millisecondes).  Donc, pour revenir à notre aventure...  celui qui semblait accepter notre version demande à mon mari de se diriger au camion et d’attendre. Après quelques minutes, ce dernier demande nom, adresse, etc… pour compléter sa contravention et il fait signer André pour finalement nous dire de partir. On ne comprenait plus rien et mon mari demande: « je ne paie pas ma contravention ? » et comme réponse on a eu un « it’s ok, no pay ». Comme vous voyez… il y a du bon monde au Mexique.

La 85 n'est pas si mal, pas pire qu'au Québec en tout cas, sauf qu'à certains endroits il y avait de la reconstruction de route.  Et c'est là que ça se complique car eux ils ne font pas de voies de contournement.  On passe où c'est possible... soit sur le bas-côté (et c'est peu dire) soit dans des petits villages (avec une roulotte de 27 pieds, oui m'sieur) et comme si ce n'était pas suffisant, il y avait de la pluie et certains de ces détours nous obligeaient à rouler sur de la terre pour ne pas dire des "trous de bouette".  La terre du chemin est une sorte de mélange sable/glaise ce qui la rend extrêmement glissante et très collante à nos chaussures.  On s'est fait brasser pas mal.  De plus les bords de route sont des dépotoirs ce n’est pas un euphémisme, croyez-moi : des pneus, des sacs de vidanges, des parties de carrosserie d’auto, des matériaux de construction… tout y passe.  En plus, il y a les chiens errants, les vaches, les ânes, les chevaux et les chèvres qui broutent sur le bord du chemin comme si de rien n’était.  Il y a également les « restos » du coin qui pilulent tout le long du chemin et où, pour certains d'entre eux en tout cas, je n’aurai pas fait manger mon chien si j’en avais eu un (hihihi).  (Les photos sont brouillées un peu car prises en roulant)

 

 

On doit se rendre à Saltillo pour le camping mais avant on doit passer par Monterrey (qu'on a l'intention de visiter mais à partir de Saltillo - voir la carte ci-haut). 

Monterrey est une ville encerclée de 2 importantes chaînes de montagnes: la célèbre montagne Cerro de la Silla (5,700 pieds / Silla = chaise ou selle), et la Cerra de la Mitra (7,800 pieds et rappelant la mitre d'un évêque) ce qui rajoute à son charme de ville plateau.  Donc, nous nous sommes retrouvés dans un environnement montagneux à souhait, en plein brouillard. Et le mot est faible. Nous étions à un certain moment littéralement dans les nuages. On ne voyait pas 10 pieds devant nous.  De plus, c’est un pays de sécheresse, donc la végétation se résume à de la broussaille et des cactus étalés ici et là.  C'est impressionnant pour nous habitués à nos grandes forêts et nos montagnes peuplées d'arbres.

L'Hôtel Imperial del Norte à Saltillo a un emplacement pour RV dans le stationnement arrière de l'hôtel.  Il y a 16 places de « camping » avec électricité (sic *) et eau. (regardez bien derrière la colonne de gauche, on aperçoit un bout de notre roulotte - hihihi).  Nous ne sommes que 2 à camper là par ce temps… un couple de canadiens-anglais de Winnipeg. On doit faire attention à ce que l’on branche car les fusibles sautent tout l’temps. On alterne entre le chauffage (eh oui… il ne fait pas si chaud que ça, pas encore) et les autres besoins (lumières, fan du poêle, frigo, eau chaude, etc…).  C'est un endroit propre, asphalté et sécuritaire.  La vue devant l'hôtel est fantastique.  Voir ces majestueuses montagnes mexicaines, en pleine ville, c'est assez spécial.  On y passera 3 nuits.... 
Une fois installé, on est allé faire notre première épicerie mexicaine.  On s'est acheté de la bière et une bouteille de vin pour fêter notre premier souper et soirée au Mexique !!!   Ne riez pas, mais pour commencer « en douceur » on s’est acheté de la "cerveza " Moosehead (hecho (fait au) en Canada – on a déjà le mal du pays – hihihi) et un shiraz de San Juan, Argentina « Las Moras » qui était exquis !!! Pour accompagner ça, j’ai servi un rôti de porc découpés en lamelles frites (hihihi) avec pommes de terres en tranches, salade et une « salsa québécoise » plus communément appelé du ketchup aux fruits (hihihi).

 


Photos prises de l'autobus à l'approche de Monterrey

Dimanche le 6 février, visite de Monterrey en autobus...  levés tôt ce matin, on prend un bon déjeuner, je prépare un lunch et à 8h00 on part à l’aventure… Tiens, nos Winipeguiens partent aujourd’hui pour Luis Potosi… Nous, on prend une petite marche de 15-20 minutes pour se rendre à un arrêt pour prendre ledit " el camion" (autobus) pour Monterrey. Comme on est à Saltillo, on doit revenir sur nos pas d’environ 85 km. Le petit Jésus est avec nous car 5-6 minutes plus tard l’autobus en question arrive. Un beau grand autobus de luxe avec 3 télévisions qui nous passe un film américain sous titré en espagnol. Assez spécial de voir des acteurs américains noirs parler espagnol. (hihihi). Le trajet dure 1h10, ce qui nous donne l’occasion d’apprendre un peu plus notre espagnol et de voir défiler par les hublots le paysage.  Les montagnes les plus élevées sont toujours dans la brume ou pollution.

Une fois à Monterrey, on prend El Metro pour le El Centro (hihihi). On visite, marche en masse, et photographie un peu… la Fuente de la Vida (fontaine de la vie), la Cathédrale Santiago, le Palacio Municipal, etc…

J’ai toujours dit qu’une ville est une ville… c’est vrai pour ici, surtout ici je devrais dire car c'est la ville la plus nord-américanisée du Mexique.  Mais tout de même intéressant de voir ces maisonnettes colorées, ce peuple chaleureux et aidant. On réussi à sortir quelques mots de notre espagnol et on se fait comprendre. Le centre-ville bouillonne de vie avec ses marchés publics, ses rues piétonnes et ses commerces en tout genre.  On s’est promené pas mal sur l’esplanade qui était en réfection. Ça sera très joli et surtout très très propre ce qui contraste beaucoup avec les alentours.  Nous sommes au centre-ville et comme beaucoup de centre-ville… les vieilles bâtisses laissent à désirer !!! 

Monterrey - fondée en 1596 par Don Diego de Montemayor pour le vice-roi de la Nouvelle Espagne Don Gaspar de Zúñiga y Acevedo - est la 3ième ville en importance du Mexique avec une population d'environ 3,5 millions et la plus riche du pays car fortement industrialisée en raison de la proximité des États-Unis.  La richesse étant tout comme ailleurs répartie inégalement. Ici pas de filet social à ce que je peux en juger. Ce sont les personnes âgées et les impotents qui remplacent nos jeunes itinérants. Cependant, en dehors du grand centre les maisons sont des cabanes que personne accepterait comme remise à jardin. Ça contraste beaucoup avec la richesse et l'art rencontrés en ville.  Malgré tout ils sont joyeux et toujours près à rendre service. On a qu’à poser une question et ils sont trois à y répondre.

Le soleil étant au rendez-vous, on s’arrête sur un banc de parc pour savourer notre lunch et nous reposer, pendant qu’à côté, sur une place publique il y a un genre de fiesta d’où nous provient des effluves d’un orchestre. Cet arrêt, même de courte durée fut fort salutaire car il nous faut retrouver notre route maintenant après avoir tournaillé de gauche à droite du nord au sud… en premier lieu faut retrouver notre bouche de métro et par la suite on arrive par miracle à l’arrêt de l’autobus 5 minutes avant son départ (ben son retour pour nous) vers Saltillo. Il est 4h00 pm et j’suis crevée, un pied amoché (of course) mais la journée fut agréable et intéressante. 

Prochain arrêt: Saltillo… el centro para camion.

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