Page 12 - L'Alaska

Nous sommes donc le 24 août quand on reprend la route, la 97...  on longe la Toad River  (photo 1) et un peu passé Muncho Lake aux abords de Stone Mountain on s'arrête pour une dernière petite photo car c'est impressionnant de voir les "folded mountains" (photo 2).  On les appelle ainsi car les montagnes sont comme repliées sur elles-mêmes, ceci étant le résultat de la compression tectonique.

Après ce petite pause photo, on repart...  on s'arrête pour coucher au Prophet River, c'est quelques kilomètres après Fort-Nelson. L'employé du centre touristique nous l'avait recommandé mais on n'a pas très aimé. Pas grave, ce n'était que pour une nuit et on n'a pas vu l'ombre d'une rivière - lolll - En fait, la rivière est là, c'est une longue rivière mais elle ne donne pas directement sur le terrain de camping.  Par contre, sur ce terrain, il y avait une source naturelle pour de l'eau potable.  Les gens avaient installé un tuyau pour plus de facilité.  On en a profité pour faire le plein.

Le 25, on est rendu à Grande Prairie où on s'installera, toujours pour 1 nuit, au Wal*Mart. On convient qu'une petite partie du voyage se fera plus calmement que de "manger de la route" jusqu'au Québec.  On roule sur la Yellow Head (qu'on a traduit par Tête Jaune - lolll, en fait c'est la route no 16). 

Samedi le 26, on s'arrête donc au Elk Island National Park en Alberta.  Créé en 1906, c'est la première réserve faunique du pays.  Il abrite le plus gros et le plus petit des mammifères terrestres de l'Amérique du Nord, soit le bison des bois et la musaraigne pygmée.  Le Parc National Elk Island est une île sauvage de végétation de 194 km carrés au milieu d'en environnement bourdonnant d'activités où la forêt boréale côtoie la prairie.  Reposant sur des collines ondoyantes de forêts de trembles, le Parc est une oasis qui abrite orignaux, cerfs, coyotes, bisons des bois et bisons des plaines, ainsi que plusieurs autres espèces menacées, notamment le rare cygne trompette.  Avec ses lacs magnifiques, ses marais et sa grande diversité de plantes et d'animaux, Elk Island offre un festin d'images et de sons, ce qui nous donne la possibilité d'observer la faune dans son environnement naturel... les animaux sont rois... nous sommes les "visiteurs".  Par conséquent, les emplacements de camping sont limités.  Il y a un beau petit coin, fort bien aménagé, pour les tente, tente-roulotte et petits VR mais pour les plus gros, c'est fort limité.  Il s'agit d'une rue en "U", asphaltée et laissant au milieu un espace gazonné et boisé comme les terre-pleins des boulevards. À côté de nous, d'autres québécois... Michèle et Denis Matte sont militaires basés à Gold Lake et sont en vacances à Elk Island.  Lui est instructeur tandis qu'elle travaille sur la maintenance des F18.  Des gens charmants avec qui on a passé du bon temps pour le peu que nous sommes restés.

Mais on est ici pour la nature...  même si son nom est "Elk" (wapitis) on n'en n'a pas vu un seul.  Par contre, on a été gâté par la présence des bisons.  Voici l'histoire...

À la suite des incendies de forêt qui ont dévasté la région des collines Beaver, la réserve forestière du Lac Cooking a été établie en 1899.  La forêt était ainsi protégée mais les animaux sauvages ne l'étaient pas.  Une des dernières hardes de wapitis vivant au Canada a été attirée par la végétation luxuriante qui s'est développée après les incendies.  Cinq hommes de la région se sont engagés par écrit auprès du gouvernement fédéral du Canada à protéger la harde.  Et c'est ainsi que naquit le parc avec, à l'époque, une zone clôturée de 41 km carrés autour du lac Astotin et c'est ainsi que l'endroit est devenu la première réserve faunique du Canada en mars 1906.  On fêtait donc ses 100 ans, lors de notre passage.

Je disais, peu d'élans canadiens ou wapitis mais beaucoup de bisons.  Là aussi, il y a une histoire intéressante... bien en fait 2 histoires puisqu'il y a les bisons des plaines et les bisons des bois...  en voici un court résumé mais en cliquant sur les liens vous aurez l'histoire au grand complet si la chose vous intéresse.

Bisons des plaines - Charles Allard et Michel Pablo de Ronan, au Manitoba élevaient des bisons.  Le gouvernement du Dominion du Canada a acheté la part du troupeau appartenant à Pablo, soit environ 400 bisons, à $245 par tête, en 1907.  Ces bisons des plaines ont été envoyés au parc par chemin de fer en passant par Lamont (tout près du parc Elk) vers leur destination finale, le parc national Buffalo, près de Wainwright.  Cependant, 48 bêtes s'échappèrent et c'est ainsi qu'on retrouve un très grand cheptel de bisons des plaines dans la région et leurs descendants vivent encore dans le parc de nos jours.

Bisons des bois - Alors qu'on croyait l'espèce disparue de la région (en 1920 on en a recensé que 500), une petite harde de bisons des bois a été repérée en 1957 dans un secteur peu fréquenté du parc national Wood Buffalo.  Vingt-trois de ces bêtes ont été transportées dans le parc national Elk Island en 1965 à des fins de conservation.  Ces bisons des bois allaient devenir le troupeau source au Canada et même à l'extérieur des frontières.  La plupart des populations sauvages de bisons des bois qu'on trouve actuellement en Amérique du Nord sont issues de la harde d'Elk Island.

Mais l'histoire va plus loin car il y a eu accouplement des deux espèces mais le bison des plaines introduit était porteur de la tuberculose bovine et de la brucellose...  je vous invite à lire la suite en cliquant sur les liens.  C'est fort intéressant et instructif car vous comprendrez la différence entre les deux espèces et comment on préserve le cheptel.

Je n'ai pas de photo du Parc si ce n'est qu'un bison car je n'avais plus de pellicules.  De toute façon, comme je le disais, à part les bisons, on ne pouvait pas photographier grand chose. 

Parlant bisons... en se rendant à une petite conférence sur les bisons, on voulait traverser par le parc d'amusement des enfants.  Bien, au beau milieu, tout près du carré de sable, monsieur Bison lui-même était à grignoter de l'herbe sous le regard des gens.  Des employés du parc sont venus "sortir" les enfants en douceur le temps que monsieur Bison finisse son repas.  Ils ne sont pas agressifs de nature mais s'ils ont peur et qu'ils décident de charger... on ne sait jamais.  Aussi bien prévenir !

Le dimanche 27, on décide de se rendre au Village Ukrainien qui est somme toute, dans le Parc Elk non loin de notre camping.  C'est un village reconstitué similaire à notre Village Québécois de Drummondville.  Les employés sont costumés de l'époque et jouent leur rôle d'immigrants ukrainiens implantés en Alberta entre 1892 et 1930.  On a reconstitué 30 bâtiments historiques y compris 3 églises de style byzantin, un ascenseur à grain, un atelier de forgeron et une "burdei" sorte de hutte faite en motte de terre. 

 

Chanceux comme nous sommes, cette journée là et sans qu'on le sache, il y avait le "21st Annual Friends Ukrainian Music Festival" où une dizaine de groupes musicaux se produisaient en plein air.  Une journée des plus magnifique sous un soleil de plomb d'autant plus que j'étais assise à côté de Julie Boucher, une franco-albertaine née à St-Paul mais vivant à Legal.  C'était une infirmière à la retraite qui travaillait comme interprète et qui faisait visiter l'usine Mountain Meadow Food Processing à Legal.  Cette compagnie, propriétaire de Jos St-Denis, vous ne la connaissez peut-être pas mais vous connaissez sûrement un de ses produits: le beurre d'arachides sans arachides - hihihi.  En fait il s'agit d'un beurre de pois équivalant à n'importe quel beurre d'arachides tout en étant sans danger pour les personnes qui y sont allergiques.  On retrouve ce produit dans certaines épiceries du Québec.  Au lieu d'avoir l'écureuil sur leurs produits, ils ont mis l'image des lapins.  Cette dame, fort agréable et parlant très bien français, m'a dirigé et expliqué tout au long du spectacle.  Merci Julie !

C'est déjà terminé pour l'Alberta.  Demain, le 28 on repart de plus belle...

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