Page 10 - L'Alaska

De Glennallen, on descend vers Valdez, autre port comme Homer et Seward.  En fait, ces trois places sont quasiment en ligne mais d'une baie à une autre.  Ça nous oblige donc à remonter un peu pour redescendre vers le golf.

Le petit schéma vous donne une meilleure idée de ce que j'entends par là.

Donc, de Glennallen on descend sur la route 4, la Richardson Hwy (C sur le schéma) et avant de s'installer au Valdez Glacier Campground, camping municipal en dehors de la ville de Valdez, on passe au travers le Keystone Canyon et on admire les chutes le long de ce couloir dont la Bridal Veil Falls (en français, chute du voile de la mariée - hihihi) avec à sa base une petite rivière, la Lowe River.  Ces chutes sont à flanc de ce canyon (voir ma flèche blanche) mais sont difficiles à photographier - surtout la Bridal qui est plus grosse et plus spectaculaire - en raison du peu de recul que nous avons de la route.  Soit on prend la montagne (photo 1), soit on prend la chute sans le flanc de montagne (photo 2).


la petite soeur en face

Le Valdez Glacier Campground est un camping sans service mais bien aménagé et aux pieds presque du glacier du même nom.  On a juste à continuer notre route un peu plus loin et à la limite de cette route, on se trouve en face du terminus de ce beau glacier avec en amont un petit lac où flotte d'immenses blocs de glace.  Malheureusement, encore une fois, le glacier n'est presque pas visible caché entre les escarpements et dans les nuages (ou la brume de condensation).  C'est un glacier qui s'étale en lobe à la sortie de la montagne (photo 1 - suivez la flèche) et qui se désagrège vitement ie de 300 pieds durant le vingtième siècle seulement.

Un petit mot sur Valdez... la ville même s'étend à la tête du port, un fjord naturel d'environ 11 miles, qui donne sur le Prince William Sound.  Je trouve un peu cocasse le fait que le Capitaine Cook qui naviguait dans ces eaux en 1778, nomma cette place Sandwich Sound à cause de son patron, le Comte de Sandwich (celui-là même, eh oui).  Quand le Capitaine Cook retourna en Angleterre, les éditeurs des cartes ont renommé la place Prince William Sound en l'honneur du Prince William IV.  Là encore, ce sont les chercheurs d'or qui amène la "vie" à Valdez.  Une ligne de chemin de fer, rend cette place très courue en plus de son emplacement stratégique comme port d'entrée pour les militaires de 1940.  En 1964, un vendredi-saint, le fameux tremblement de terre (dont j'ai fait mention plus d'une fois) a déclenché un glissement de terrain sous-marin qui a provoqué de puissantes vagues qui ont détruit le quai de Valdez et noyé 30 personnes.  En 1967, la ville de Valdez est "condamnée" car toute la ville est construite sur du sol qui est devenu très instable.  Par conséquent, la ville est relogée 4 miles plus à l'est de son ancien emplacement.  On a déplacé 52 bâtiments mais les autres structures ont été brûlées et le sol rasé.

En 1973, le Congrès approuve les projets de pipelines Trans-Alaska dont le terminus méridional est à Valdez.  Des milliers de gens sont donc transférés à Valdez pour faire partie du boom de construction.  Encore aujourd'hui, l'idée des pipelines dans le décor alaskien est fort discutée d'autant plus que le 24 mars 1989 (un autre vendredi-saint et 25 ans plus tard) le navire-citerne Exxon Valdez a frappé le récif de Bligh causant le plus grand déversement de pétrole (10,8 millions de gallons - oui vous avez bien lu) de toute l'histoire.  Pendant des mois et des mois on a dû nettoyer les eaux mais le plus décevant fut la mort de milliers d'oiseaux, de loutres de mer (mes beaux p'tits Sea Otters) et de beaucoup d'autres animaux.  Il y a eu jusqu'à 10,000 personnes pendant cette catastrophe à envahir la ville pour aider au nettoyage.  Aujourd'hui, Valdez a approximativement 4200 habitants principalement employés par la ville, l'industrie du pétrole et dans les structures touristiques et le transport.

Je me suis encore égarée dans mon histoire...  pardonnez-moi... on revient au voyage... 

Le mercredi 16 août on se dirige vers notre quai d'embarquement pour notre petite croisière de 9 heures.  Il ne fait pas soleil mais il ne pleut pas.  En prenant notre billet la veille on s'était informé si le bateau partait quand même en cas de pluie ou si c'était mieux d'attendre une journée plus clémente.  Beau temps, mauvais temps (à moins d'une véritable tempête) le Stan Stephens prend la mer.  Comme on nous annonce du mauvais temps pour encore quelques jours, on se résigne à prendre notre billet.  C'est donc sous un temps brumeux et nuageux à souhait que nous embarquons à bord avec une cinquantaine d'autres courageux.  Une fois sur le catamaran à 2 ponts, on nous dit que le temps sera plus clair une fois sorti de la baie vers le Prince William Sound.  I hope !!!
On navigue doucement pour sortir de la baie, on ne voit presque pas les rives. On se contente de regarder les petites loutres de mer (Sea Otter) qui font les clowns à la surface de l'eau.  Elles ont une binette comique ces petites loutres et elles font des cabrioles, tournant sur eux-mêmes, plongeant et remontant à la surface ou se laissant flotter sur le dos.  On ne cesse de les regarder s'amuser.  

 


Loutre de mer ou Sea Otter - la photo n'est pas de moi j'étais trop loin pour prendre leur mimique en photo sans un bon zoom - sont cute n'est-ce pas?  on dirait des petits bouffons !

On a également eu droit aux otaries (Steller Sea Lion) qui se prennent pour les gardiennes de bouées.  On a vu également un aigle à tête blanche (Bald Eagle), une baleine à bosse (Humpback whale) et des macareux (Puffin).

(photos trop loin pour que ça vaille la peine des mettre ici - ça m'aurait pris un zoom 800)

 

Où en étais-je sur le trajet vers les glaciers de mer ?  Ah oui, en sortant de la baie, on fait face au Rock Glacier qui est en quelque sorte l'entrée (ou la sortie) de la baie de Valdez.  Le glacier derrière est le Shoup Glacier mais nous n'y sommes pas allés.  Ça ne paraît pas ainsi mais c'était loin. 

Le premier gros glacier que nous approchons, à l'heure du dîner - question de vous montrer que c'était loin - est le Columbia Glacier mais tout au long de son approche, nous voyons les gros blocs de glace flottés à la surface, comme des petits icebergs, certains contenant plus de moraine gravière que d'autres.  C'est justement la concentration de sédiments avec les rayons du soleil qui nous donne cette panoplie de couleur.  Je vous mets quelques photos en vrac...  vous pourrez admirer les différentes couleurs des glaces. 

Le Columbia Glacier est le plus grand des 20 glaciers qui s'épanchent des monts Chugach dans le Prince William Sound. Il couvre une superficie de 1144 kms2 et descend sur près de 70 kms de long avec un dénivelé de 3660m du mont de Whitherspoon jusqu'à la baie de Columbia. Sa progression est très rapide, près de 6 m par jour, son front large de 6,4 kms et haut de 50 à 80 m déverse quotidiennement plusieurs millions de tonnes de glace dans la mer.

 

 

Malgré la couleur bleutée, quand on prend un bloc de glace dans nos mains, c'est transparent tout autant que du verre.  Vous voyez même les rayures de mon chandail au travers !   Eh oui, il faisait frette, il pleuvait légèrement et il ventait en masse !

Sur le navire, nous étions attablés avec un couple retraité du Colorado qui avait voyagé beaucoup étant donné que lui était dans l'Air Force.  On le changeait de place à tous les 3 ans environ.  Elle, elle était responsable des activités sociales dans une maison pour personnes souffrant d'Alzheimer.  Ce n'était donc pas leur premier voyage en Alaska.  Parler anglais toute la journée fut une belle pratique mais également épuisant surtout quand il s'agit de porter constamment attention. (dernier couple à droite de la troisième photo plus bas)

Il est rare que nous ayons la possibilité d'être tous les deux sur la photo.  Normalement c'est l'un ou l'autre qui photographie mais ce charmant couple a pris la photo pour nous. (dernière photo ci-haut)

 

 

Après une pause pour les "poses" et le dîner, on continue notre route vers le Mears Glacier. Il est aussi spectaculaire.  Faut dire que les glaciers, tout comme chaque rivière, est unique par ses caractéristiques.  Aucun glacier ne ressemble à un autre.  Celui-ci est un mur de glace quand on s'y approche et n'il n'est pas rare de voir tomber les blocs de glace (voir la dernière photo au centre où j'ai mis un trait).  Quand on est à proximité, on entend constamment les craquements.  Le catamaran ne peut pas s'approcher trop près car quand des blocs de glace s'échappent (dernière photo) il peut arriver, selon la grosseur du bloc, que ça fasse une vague qui mettrait le bateau en danger.

Ouf... il est temps de terminer cette page, excusez-moi pour la lourdeur des photos mais je ne voulais pas couper cette croisière en deux.  Demain, on quitte Valdez, c'est vraiment le retour qui s'amorce... on aura moins de photos et si ce n'est pas plus court en terme de kilomètres, ça le sera en terme de récit certain...  ben peut-être - hihihi. 

Avez-vous le courage de revenir avec nous ou vous prenez l'avion - lolll                

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