Page 6 - L'Alaska

On continue donc notre montée sur l'Alaska Hwy, longeant la Tanana River.  C'est un paysage scénique mais après avoir fait le Top of the World c'est comme si on ne voyait plus la beauté de ces terrains vallonés et parfois boisés. 

Fairbanks est une ville de 30,000 habitants mais si on inclus le voisinage ça augmente à 82,900 individus.  C'est la plus grande ville à l'intérieur de l'Alaska et la seconde de tout l'état, après Anchorage.  C'est également le terminus du nord de l'Alaska Railroad.  C'est une ville importante pour l'approvisionnement du pétrole artique mais est également un point stratégique pour l'armée.  Mais aussi curieux que cela puisse paraître, elle n'a pas grand chose à offrir aux touristes.

La visite de la ville se fait assez rapidement et l'on constate que le centre-ville est relativement laissé à lui-même.  Beaucoup de boutiques fermées et pas grand chose à offrir.

(monument du Centre touristique de la ville)

Le parc Pionnier, originairement construit pour la Célébration du Centenaire de l'achat de l'Alaska en 1967, nous présente de vieilles constructions qui furent déplacées du secteur environnant de Faibanks pour en faire un musée de l'histoire. 

 

Bien oui, les USA achetèrent l'Alaska de la Russie en 1867 pour une somme de 7,2 millions de dollars.  Ce vaste territoire, avec les îles Aléoutiennes, portait le nom officiel d'Amérique Russe !   Pourquoi me direz-vous ?  C'est que la guerre de Crimée (1853 à 1856) avait sensibilisé la Russie au danger que représentait l'éloignement de sa colonie d'Alaska, notamment son incapacité à défendre la colonie face aux appétits de la Grande-Bretagne et surtout des États-Unis parce que les préceptes de la doctrine de Monroe inquiétaient les Russes. Rappelons aussi que la situation économique de l'Alaska était devenue catastrophique et représentait un poids énorme pour le Trésor russe. Ainsi, dès les années 1860, les États-Unis et la Russie étaient prêts à engager des négociations relatives à la vente de l'Alaska, mais la guerre de Sécession (1861-1865) a eu pour effet de reporter cette tractation de quelques années. C'est le président Andrew Johnson (1829-1837) qui autorisa l'achat (signé, le 30 mars 1867, par le secrétaire d'État William Seward). Le transfert de la colonie russe aux États-Unis intervint le 18 octobre 1867, alors que le général Dowell H. Rousseau relevait la garnison russe à Sitka à la tête d'une petite unité de militaires américains.

Les dirigeants américains, bien que à court d'argent, avaient pressenti les richesses potentielles de la région, mais comprenaient surtout la situation stratégiquement importante au nord du Pacifique et sur le continent de l'Amérique du Nord, et ce, d'autant plus que la possession de l'Alaska présentait l'avantage d'enclaver le Canada, un territoire britannique. Bien qu'ils se soient contentés de l'Alaska, les dirigeants américains avaient manifesté leur intérêt également pour le Groenland, l'Islande et, bien sûr, le Canada.

Or, à l'époque, l'opinion publique américaine réagit très mal à l'achat de l'Alaska. Les journaux qualifièrent l’Alaska de glacière ou même de Walrussie (du mot walrus signifiant «morse»). De plus, il s'agissait d'une région peu peuplée et composée en majorité d'Inuits, même si l'on y trouvait également des cosaques, des trappeurs, des marchands, des aventuriers et des marins russes. Les relations entre les Russes et les autochtones étaient plutôt similaires à celles que connaîtront les Américains, sauf que les Russes n'ont jamais pris de mesures d'extermination comme les Américains le feront plus tard. Cependant, les Russes avaient pris soin de «convertir» les Inuits au christianisme ainsi qu'une partie des Indiens tinglit; ils ont introduit chez les autochtones les premières bases de l'enseignement en russe et ont tenté de réduire la pratique de l'esclavage (relativement courant) chez les autochtones.

Comme le gouvernement fédéral américain ne disposait que de deux millions de dollars (sur les 7,2 millions), il dut emprunter le reste de la somme à la Riggs Bank dont le siège social se trouvait aux États-Unis. La région fut administrativement rattachée à l'Oregon jusqu'en 1884. Au cours de cette période, seuls des trappeurs exploitèrent les richesses en gibier à fourrure, notamment en phoques. L'exploitation aboutit au massacre massif des animaux, ce qui eut pour effet de réduire l'économie et la subsistance des autochtones. À la fin du XIXe siècle, la région suscita plusieurs ruées vers l’or, surtout entre 1885 et 1907. Les Indiens et les Inuits se trouvèrent dans une situation de plus en plus inconfortable. Des villes champignons peuplées d'aventuriers blancs surgirent un peu partout et les autochtones se virent spolier de leurs biens. De plus, la langue anglaise relégua au folklore la langue russe et les langues.

 

Voilà pour ma minute historique... à défaut d'avoir de bonnes photos.  Le Pionnier Park offre le stationnement pour les VR (comme chez Wal*Mart) sauf qu'il faut débourser $12/nuit mais on peut faire le plein d'eau potable.  C'est très avantageux et nous sommes en pleine ville.  Il y a des stations d'essence qui permettent la vidange des égouts en autant qu'on fait le plein d'essence.  C'est super.  On y passe donc 2 nuits.

La seconde journée, soit le mercredi 2 août, on se repose et on va faire un petit tour dans ce parc.  Il faut beau, et c'est fort agréable.

Jeudi le 3 août, on se dirige vers Denali National Park and Preserve.  C'est un parc naturel qui a dans son antre le fameux Mont McKinley (photo no 11), le plus haut sommet d'Amérique du Nord (6194 mètres - 20,320 pieds).  Le sommet fut baptisé du nom du président américain, William McKinley, assassiné au début de son second mandat en 1901.  D'ailleurs le parc s'appelait originairement le McKinley National Park (1917).  En 1980, le Alaska National Interest Lands Conservation Act changea le statut du parc et renomma celui-ci.  En même temps on agrandissait le parc de 3.2 millions d'acres à 6 millions.

En passant, le mot "Denali" signifie "le haut" en langue athapascane (peuples indigènes d'Amérique du Nord.  La famille athapascane est la plus importante en nombre de langues.  Athapascan provient du mot cri désignant le lac Athabasca au Canada).  Mais on ne se promène pas comme on veut dans ce parc.  Il demeure un parc "écologique" et on fait tout pour le préserver.  En voiture, on a accès aux premiers 10km mais par la suite on doit prendre un autobus qui nous guidera au travers la route sinueuse.  Trois forfaits nous sont offerts:  3 heures, 8 heures et 11 heures. 

On prend donc un camping pour 2 nuits.  La première journée (le jeudi 3) sera consacrée à une reconnaissance des lieux et nous en profitons pour réserver notre forfait autobus de 8 heures pour le lendemain.  Serez-vous du voyage ?  Allez on y va... apportez votre lunch, vos jumelles et votre caméra ainsi qu'une bonne dose de patience car ce sont des autobus style scolaire.


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Je vous ai mis les photos du Parc Denali en vrac. Sur la 4ième image, vous verrez 2 petites marques en blanc. La première, ce sont des personnes qui se déambulent dans les trails du parc. Ils doivent obligatoirement s'enregistrer avant de partir en trail... au cas où. Faut pas oublier que c'est à l'état sauvage et que les animaux sont rois, deuxième marque blanche. Les photos ne rendent pas toujours l'immensité des lieux mais on peut se l'imaginer assez facilement quand on regarde la gorge où les petites autobus scolaires doivent passer (photo no 6) et le chemin de terre (photo no 11) où l'on aperçoit à peine l'autobus qui soulève un nuage de poussière.

Ce fut une belle journée, fatiguante mais agréable dans l'ensemble et nous étions heureux de rentrer à notre site (photo no 13) tout en regardant déambuler un wapiti dans le terrain de stationnement (photo no 14)

Demain on reprend la route... vous suivez toujours ???

OU

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